Les États-Unis préoccupés par de la pollution venant de la Colombie-Britannique

Le gouvernement américain est de plus en plus préoccupé par la pollution provenant des mines de la Colombie-Britannique à la suite de nouvelles recherches qui montrent que des contaminants dans une rivière au sud de la frontière proviennent du Canada.

Dans une lettre obtenue par La Presse canadienne, l’Environmental Protection Agency (EPA) demande au gouvernement provincial de remettre des données expliquant pourquoi les mines de charbon de Teck Resources, dans le sud de la Colombie-Britannique, sont autorisées à dépasser les normes liées aux métaux lourds toxiques.

«L’EPA (…) trouve inacceptable que la province ait accepté (un plan de traitement) qui permettra des dépassements saisonniers des objectifs de qualité de l’eau dans l’avenir», dit la lettre datée du 4 février, envoyée au ministre de l’Environnement de la province, George Heyman.

La contamination par les mines de Teck dans les rivières du bassin versant de la rivière Elk est un problème de longue date. L’extraction de charbon libère du sélénium, un élément qui, en grande quantité, est toxique pour la faune et les humains.

Des rapports sur les concentrations de sélénium dans les voies navigables de la région montrent des niveaux jusqu’à quatre fois supérieurs aux quantités maximales permises par la Colombie-Britannique pour l’eau potable. Les stations de surveillance près des mines ont signalé des niveaux 50 fois supérieurs à ceux recommandés pour la santé aquatique.

Les propres recherches de Teck ont récemment rapporté la quasi-disparition de rares truites fardées dans un tronçon de 60 kilomètres de la rivière Fording, en aval des quatre mines de la société.

Cette eau s’écoule dans le lac transfrontalier Koocanusa. Le lac se déverse dans la rivière Kootenai, qui coule sur environ 200 kilomètres à travers le Montana et l’Idaho.

Des recherches du US Geological Survey ont trouvé du sélénium dans cette partie du Kootenai, mais pas dans ses affluents américains.

Le porte-parole de l’EPA, Richard Mylott, a déclaré que les États-Unis étaient également préoccupés par un nouveau processus de traitement de l’eau approuvé par la province.

«L’efficacité de cette nouvelle technologie (…) n’a pas été démontrée à l’échelle géographique et sur plusieurs décennies pour réduire la pollution causée par les mines de charbon d’Elk River», a-t-il déclaré dans un courriel.

Les États-Unis, a-t-il dit, veulent juger par eux-mêmes.

«(L’agence) (…) a conclu qu’il serait important que des experts américains en assainissement des mines examinent indépendamment l’efficacité probable de cette technologie.»

Dans une réponse écrite, le porte-parole du ministère britanno-colombien de l’Environnement, Jeremy Uppenborn, a dit que la province «travaille avec l’EPA américaine et Teck pour fournir les informations demandées».

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