Les États-Unis veulent discuter avec leurs alliés d’un boycott des JO de Pékin

Le Département d’État américain dit être en discussions avec ses alliés du bilan de la Chine en matière de droits humains et de la façon de négocier les Jeux olympiques d’hiver de Pékin, en février prochain.

Un porte-parole du département a suggéré mardi qu’un boycott des Jeux olympiques afin de protester contre les abus de la Chine était une possibilité. Mais un haut dirigeant a plus tard déclaré qu’un boycott n’avait pas encore été discuté.

Des groupes de défense des droits de la personne manifestent présentement contre la tenue des JO en Chine. Ils demandent un boycott diplomatique ou encore un boycott pur et simple des Jeux qui s’ouvriront le 4 février 2022 afin d’attirer l’attention sur les abus allégués de la Chine contre les Ouïghours, les Tibétains et les habitants de Hong Kong.

Les activistes ont aussi contacté les comités olympiques nationaux, les athlètes et les commanditaires après avoir échoué dans leurs demandes auprès du Comité international olympique (CIO) de déplacer les Jeux.

«Nous avons senti qu’ils nous ont reçus davantage pour dire qu’ils nous avaient reçus que parce qu’ils souhaitaient vraiment écouter ce que nous avions à dire ou faire quoi que ce soit avec ce que nous avions à leur dire», a déclaré Gloria Montgomery, coordonnatrice de campagnes à l’International Tibet Network, au cours d’une récent briefing avec d’autres activistes.

Frances Hui, directrice à We The Hongkongers, a fait état d’un ton condescendant des membres du CIO dans ces réunions.

«La première chose que nous avons entendue est: ‘C’est un monde très compliqué’. Je leur ai demandé de nouveau comment ils allaient légitimiser des Jeux tenus dans un pays meurtrier coupable d’un génocide? Leur réponse a encore été que nous vivions dans un monde complexe.»

Le président du CIO, Thomas Bach, a affirmé que le Mouvement olympique ne doit pas faire de politique, bien qu’il bénéficie d’un statut d’observateur aux Nations Unies et que Bach a souvent parlé de ses propres efforts pour unifier les deux Corées lors des Jeux olympiques de Pyeongchang, en 2018.

«Nous ne sommes pas le gouvernement d’une super-puissance mondiale, a-t-il dit lors d’une conférence de presse le mois dernier. Nous ne pouvons pas soulever encore moins régler des problèmes pour lesquels même le Conseil de sécurité des Nations Unies, les pays du G7 ou du G20 n’ont pas de solution. Le CIO doit demeurer neutre.»

«La Chine rejette avec vigueur la politisation des sports et s’oppose à utiliser des problèmes de droits de la personne pour s’ingérer dans les affaires intérieures d’autres pays», a pour sa part déclaré le ministre des Affaires étrangères chinois, Zhao Lijian, en mars, ajoutant que toute tentative de boycott «est vouée à l’échec».

Pékin est la première ville à avoir obtenu les Jeux d’été et les Jeux d’hiver. Les Olympiques de 2008 avaient été organisés dans l’espoir d’améliorer les droits de la personne dans le pays.

– Par Stephen Wade, The Associated Press

Laisser un commentaire