Les étudiants étrangers devront tenir compte de nombreux obstacles à la rentrée

VANCOUVER — Les étudiants étrangers seront confrontés à divers obstacles lorsque les cours reprendront cet automne. Parmi ceux-ci figurent le retard dans l’octroi des visas, l’accès à un vaccin, les mesures de quarantaine et la moins grande disponibilité des vols.

Si le ministère fédéral de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté dit vouloir approuver les demandes de permis d’études d’ici le 6 août. Cependant, l’examen de certaines demandes peut prendre plus de temps quand celles-ci sont incomplètes, prévient une porte-parole, Nancy Caron.

«Dans le contexte de la pandémie mondiale et des défis qui y sont liés, nous voulions présenter une date cible pour ceux qui envisagent de commencer leurs études à l’automne», dit-elle.

Le ministère a délivré près de 100 000 permis d’études au cours des quatre premiers mois de 2021, contre environ 66 000 au cours de la même période de l’année précédente et environ 96 000 de janvier à avril 2019, mentionne Mme Caron.

Muhammad Saad a été admis au Centennial College de Toronto. Il a reçu sa première dose du vaccin Oxford-AstraZeneca, mais il se dit inquiet quant à la possibilité d’obtenir une deuxième.

«Cela dépend des approvisionnements. Ma deuxième dose est prévue à la mi-juillet. J’espère que le vaccin sera disponible au Pakistan à ce moment-là.»

Plusieurs universités exigeront que les étudiants vivant en résidence soient vaccinés contre le COVID-19 en septembre.

Les étudiants qui ne peuvent pas recevoir un vaccin avant d’emménager auront 14 jours pour le faire, souligne Sandy Welsh, la vice-rectrice aux affaires étudiantes de l’Université de Toronto.

De son côté, l’Université de Montréal mentionne sur son site internet que «les personnes ayant reçu une première dose du vaccin à l’extérieur du Québec peuvent recevoir leur prochaine dose au Québec. Cette mesure touche également les étudiants internationaux.»

L’Université de Sherbrooke signale qu’elle «accepte la venue d’étudiantes et d’étudiants internationaux qui sont présentement hors Canada, dans la mesure où ils satisfont aux exigences d’entrée au pays». 

Or, ceux qui ne sont pas complètement vaccinés devront suivre les exigences du gouvernement fédéral, souligne Mme Caron.

Pour être considérées comme complètement vaccinées, les personnes entrant au Canada devront prouver qu’elles ont reçu les deux vaccins ou une combinaison des vaccins Pfizer-BioNTech, Moderna, AstraZeneca ou une dose de Johnson & Johnson au moins 14 jours avant d’entrer dans le pays, indique-t-elle.

Zohra Shahabuddin, qui étudiera à l’Université Simon Fraser, raconte avoir passé des nuits blanches à se demander si elle avait rassemblé tous les documents nécessaires pour sa demande de visa. Celle-ci a finalement été approuvée la semaine dernière.

«Je n’ai pas eu la chance d’être excitée à l’idée de venir à Vancouver, blague la candidate à la maîtrise. J’ai l’esprit occupé. D’abord, c’était le visa et aujourd’hui, ce sont le voyage et la quarantaine.»

Mme Shahabuddin estime qu’elle devra trouver 2000 $ supplémentaires pour rester en quarantaine. Elle prévoit de se faire vacciner après son arrivée au Canada.

«En tant qu’étudiante internationale, je paie déjà beaucoup d’argent. C’est une dépense de plus.»

L’étudiante pakistanaise s’inquiète aussi à l’idée de tomber malade au cours de son séjour et des frais médicaux qui s’ensuivraient.

Des préoccupations semblables ont été exprimées à la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants, dit Bipin Kumar, le représentant des étudiants internationaux de l’organisation.

«Plusieurs veulent savoir si l’assurance maladie supplémentaire offerte par les entreprises privées couvre les étudiants, au cas où ils tomberaient malades en raison d’un voyage. Une grande partie du trajet s’effectue avant leur arrivée au Canada, et généralement l’assurance n’est valable qu’après leur inscription à partir du 1er septembre.»

La Fédération espère obtenir plus de précisions des universités et des gouvernements provinciaux, ajoute-t-il.

Et pour les étudiants qui ne pourront pas s’installer à temps au Canada pour suivre la session d’automne, des universités disent qu’elles continueront d’offrir des cours en ligne.

Matthew Ramsey, un porte-parole de l’Université de la Colombie-Britannique, dit que l’institution traitera les dossiers au cas par cas.

Ali Hassan, qui a été accepté à l’Université York à Toronto, n’a toujours pas reçu une réponse du ministère pour son visa. Comme il craint de ne pas pouvoir voyager cet automne, il est donc heureux que l’université propose des cours en ligne.

«Mais je suis un peu inquiet, reconnaît-il. J’ai bon espoir de pouvoir venir au Canada cet automne». En attendant, il consulte sa boîte de courriels plusieurs fois par jour.

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