Les évacués de Port aux Basques ne savent pas ce qui les attend

CHANNEL-PORT-AUX-BASQUES, T.-N.-L. — Quelques jours après le passage destructeur de la tempête post-tropicale Fiona dans la petite communauté de Port aux Basques, à Terre-Neuve-et-Labrador, Denise Anderson constatait les dégâts à l’extérieur de sa maison pendant que son mari était à l’intérieur.

Fiona a ravagé la petite ville de 4000 habitants, démolissant des maisons et coûtant la vie à une femme de 73 ans.

«Je ne veux pas rentrer», a confié Mme Anderson, lundi, depuis la rue en face à sa maison. Elle était jonchée de débris – des morceaux de bois cassés, des pneus, des glacières en plastique, un VTT à l’envers et d’autres véhicules poussés contre le côté de la maison.

Mme Anderson était préoccupée par la sécurité des escaliers à l’intérieur de la maison, mais le couple avait besoin de vêtements propres et d’autres articles essentiels pour se débrouiller jusqu’à ce que leur maison soit habitable.

C’était la deuxième fois qu’ils rentraient chez eux depuis le début de la tempête. Ils devaient être supervisés par des secouristes.

«Comme vous pouvez le voir, il va me falloir un certain temps avant de pouvoir revenir», a déclaré Mme Anderson, sa voix brisée par l’émotion alors qu’elle examinait la scène.

Mme Anderson venait de retourner dans la ville où elle a grandi après avoir vécu plus d’une décennie en Ontario, mais maintenant, elle et son mari font partie des dizaines de résidants qui ont été évacués après la tempête. Les murs et les toits de certaines maisons ont été arrachés, d’autres ont été emportés dans l’océan.

Des scènes de destruction similaires étaient visibles dans toute la ville alors que les intervenants d’urgence escortaient les gens chez eux pour récupérer des objets.

Andrew Parsons, qui représente la région à l’Assemblée législative provinciale, a affirmé lors d’une conférence de presse lundi que trouver des logements pour les résidants déplacés sera un problème majeur.

Des centres d’hébergement et des hôtels sont disponibles pour ceux qui ont des besoins immédiats. Et beaucoup, comme Mme Anderson et son mari, séjournent avec leur famille à proximité, mais le député Parsons a souligné que trouver des logements à long terme pourrait nécessiter de puiser dans des ressources telles que des chalets et des maisons appartenant à des résidants saisonniers.

«Heureusement, nous n’avons pas de situation où les gens n’ont pas d’endroit où aller. Étant une petite communauté, les gens ont des amis et de la famille, a-t-il indiqué. Nous devons trouver des solutions pour les prochains mois.»

La province est en train d’évaluer exactement combien de maisons ont été endommagées par la tempête pendant qu’elle travaille sur un fonds de secours pour aider les résidants à reconstruire ou à déménager, a précisé lundi le premier ministre Andrew Furey.

Le maire de Channel-Port aux Basques, Brian Button, a dit que les gens s’occupaient de leurs voisins et de leurs proches qui avaient été déplacés. Mais l’ampleur des dégâts a été difficile à appréhender, a-t-il ajouté, comparant la situation à un film catastrophe dans certaines régions.

«Cela a été une période difficile pour beaucoup de gens», a-t-il soutenu, depuis le bâtiment du bureau du conseil municipal, pendant une pause de réunions.

«Voir toute cette dévastation dans la ville où j’ai grandi est très dur.»

Devant sa maison, Mme Anderson a dit qu’elle se sentait parmi les «chanceuses» parce que sa maison tient encore debout. Mais elle n’est plus certaine qu’elle se sentira en sécurité lorsqu’elle reviendra.

«Je ne peux pas dormir maintenant, donc [je] ne suis pas sûre de pouvoir dormir quand je serai autorisée à me réinstaller dans ma belle maison», a-t-elle témoigné.

«L’océan est très effrayant, a-t-elle affirmé en montrant les vagues. J’aime ça. Je voulais être sur le bord de l’océan. Plus vraiment maintenant.»

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