Les facultés de médecine doivent tenir compte du réchauffement, dit la FECM

VANCOUVER — Les facultés de médecine canadiennes ne répondent pas adéquatement au besoin urgent d’une formation liée à la santé mondiale et aux changements climatiques, dénoncent des membres de la Fédération canadienne des étudiants en médecine (FCEM).

La FCEM regroupe des associations étudiantes de 14 universités canadiennes, dont l’Université McGill. Les trois autres facultés de médecine québécoises (Université de Sherbrooke, Université Laval et Université de Montréal) n’y sont pas représentées.

Dans un commentaire publié par la revue Lancet Planet Health, ils font valoir que les étudiants en médecine doivent être mieux préparés aux effets croissants des changements climatiques sur la santé, telles la propagation de la maladie de Lyme et la hausse des décès attribuables à la chaleur.

La revue a déjà écrit que les changements climatiques pourraient être «la plus grande menace mondiale pour la santé du XXIe siècle».

«Il y a déjà pas mal d’enseignement à ce sujet, mais il y a encore beaucoup de progrès à réaliser», déclare George Kitching, un étudiant de troisième année de médecine à l’Université Western Ontario et coprésident d’un groupe de travail sur la santé et l’environnement de la FCEM.

«On nous dit partout que les programmes des écoles de médecine sont completsé Si on veut implanter un cours sur les impacts des changements climatiques, on doit en retirer un autre.»

Selon la présidente du conseil d’administration de l’Association canadienne des médecins pour l’environnement, la Dre Courtney Howard, la santé planétaire et les changements climatiques doivent être intégrés dans l’ensemble des programmes d’études, de sorte que les fournisseurs de soins de santé ne travaillent pas en vase clos.

«Nous devons réaliser un blitz qui s’adresse aux praticiens médicaux et de santé à tous les niveaux.»

Sinon, a-t-elle déclaré, les médecins risquent de ne pas être préparés à protéger la santé des gens dans un climat en évolution.

La Fédération internationale des associations d’étudiants en médecine a également exhorté les écoles de médecine à intégrer l’enseignement lié aux changements climatiques dans leurs programmes d’ici 2020.

La pdg de l’Association des facultés de médecine du Canada, la Dre Geneviève Moineau, reconnaît qu’il y a une indication claire voulant que les programmes soient plus axés sur les besoins de la société.

L’association organisera une session sur les changements climatiques l’occasion de la Conférence canadienne sur l’éducation médicale à Vancouver en avril, a annoncé Mme Moineau.

Effets sur les soins

La Dre Howard souligne qu’il est vital que les étudiants en médecine soient toujours préparés à la façon dont les changements climatiques peuvent affecter la prestation des soins à l’intérieur des hôpitaux et des cliniques.

La salle de chirurgie de l’hôpital de Yellowknife, au Yukon, a été fermée pendant deux semaines en 2014 à cause de la fumée dégagée des incendies de forêt. En même temps, le nombre de patients souffrant notamment de crise d’asthme a doublé.

En 2017, l’ouragan Maria avait provoqué une pénurie mondiale de sérum physiologique utilisé dans les fluides intraveineux, a ajouté Mme Howard.

«En ce moment, nous nous dirigeons vers une hausse d’au moins trois ou quatre degrés Celsius au cours de la vie des enfants d’aujourd’hui. Nous ne savons pas que ce que cela signifie pour la santé et les systèmes de santé, mais cela sera catastrophique», a-t-elle déclaré.