Les familles démunies peinent à se nourrir sainement

MONTRÉAL — Les familles démunies du Québec peinent plus que jamais à se nourrir sainement, notamment face à une inflation qui freine grandement leur capacité à acheter des aliments bons pour la santé, prévient le plus récent coup de sonde de la Fondation Olo.

Plus de 80 % des intervenantes qui accompagnent les familles profitant d’un suivi Olo estiment ainsi que «se nourrir est (…) une inquiétude quotidienne très présente» pour ces familles, indique le document qui a été fourni en primeur à La Presse Canadienne.

Dans un tel contexte, ajoute-t-on, «l’objectif de manger supplante souvent celui de manger sainement». Environ les trois quarts des 194 intervenantes qui ont répondu au questionnaire considèrent que l’inflation a eu beaucoup d’influence sur la capacité des familles démunies d’acheter des fruits et légumes, ainsi que sur leur choix d’acheter des produits ultra-transformés.

L’impact de l’inflation se fait sentir au moment où davantage de femmes entreprennent un suivi Olo après une baisse pendant la pandémie, a dit la directrice générale de la Fondation Olo, Élise Boyer.

«Quand on regarde le prix des aliments, on est préoccupées à deux niveaux, a-t-elle précisé. D’abord et avant tout pour les familles, parce qu’on sait comment c’est difficile au quotidien. Mais c’est sûr qu’on regarde aussi nos budgets. Notre plus gros poste de dépense à la Fondation Olo, ce sont les aliments, ce sont le lait et les œufs et les légumes, et ces aliments-là coûtent plus cher.»

Face au prix des aliments, poursuit le rapport, «plusieurs familles se trouvent à choisir entre l’enfant à table et l’enfant à naître».

La Fondation Olo remet aux femmes enceintes des coupons qu’elles peuvent échanger pour se procurer du lait et des œufs afin de combler leurs propres besoins nutritionnels et ceux du bébé à naître. Ces coupons, explique le document, «sont de plus en plus utilisés, en tout ou en partie, pour combler les besoins alimentaires des autres membres de la famille».

Seulement 5 % des femmes enceintes continuent d’utiliser la totalité de ces coupons pour elles-mêmes et leur bébé à naître, constatent les intervenantes sur le terrain. Les trois quarts des femmes enceintes les utiliseraient majoritairement pour elles-mêmes et leur bébé à naître, mais aussi pour subvenir aux besoins alimentaires des autres membres de la famille.

«La tentation de les utiliser comme un outil de dépannage alimentaire pour la famille prévaut sur son objectif d’origine pour la femme enceinte et le bébé à naître», peut-on lire dans le document.

Comparativement au coup de sonde de 2021, les intervenantes Olo constatent que près du quart des familles aidées attribuent le même montant ou un montant moindre que l’an dernier à leur panier d’épicerie. Face à une inflation galopante, cela signifie qu’elles se retrouvent face à un panier de moins en moins rempli.

L’inflation entraîne également une hausse des postes de dépenses aussi critiques que le logement et le transport. Le logement, par exemple, représente entre 50 % et 70 % du budget de près de 55 % des familles Olo. Pour 88 % des familles, la part du budget mensuel attribuée au logement a augmenté (65 %) ou augmenté fortement (23 %) depuis novembre 2021.

«On peut espérer que l’inflation arrête, qu’on soit quand même capables d’accompagner plus de familles qui en ont besoin, a dit Julie Deschamps, la gestionnaire du volet intervenantes et professionnelles de la santé pour la Fondation Olo. Malgré toute cette situation d’urgence, on veut pouvoir créer un lien de confiance avec la famille (…) pour l’aider petit pas à petit pas. Les petites graines qu’on peut semer auprès des familles peuvent les aider pour plus tard.»

La Fondation Olo a pour mission de donner une chance égale aux familles de mettre au monde des bébés en santé et d’acquérir de saines habitudes alimentaires tôt dans la vie. Elle agit dans les 1000 premiers jours de vie de l’enfant, une période cruciale pour son développement.

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