Les familles des vétérans sont mal informées et le suivi est défaillant

OTTAWA – Il arrive fréquemment que les familles des anciens combattants ne sont pas mises au courant des programmes disponibles et que personne n’effectue de suivi auprès d’elles afin de s’assurer qu’elles reçoivent l’aide dont elles ont besoin, affirme l’ombudsman des vétérans, Guy Parent.

Selon un nouveau rapport publié jeudi, les proches des ex-soldats reçoivent beaucoup plus de soutien aujourd’hui qu’à n’importe quel autre moment de l’histoire, mais de sérieuses lacunes subsistent pour les anciens combattants qui ont quitté le système ou sont sur le point de le faire.

M. Parent indique dans le document qu’il y a un manque de «communication directe et proactive» auprès des familles de la part d’Anciens Combattants Canada concernant les programmes ou les services qui pourraient leur être utiles.

Encore plus choquant, l’ombudsman révèle que le ministère n’effectue aucun suivi pour déterminer si les besoins des familles sont satisfaits ou si elles traversent une crise nécessitant une intervention.

Plusieurs vétérans sont confrontés à des défis de taille lorsqu’ils abandonnent l’uniforme militaire, dont trouver un emploi et peut-être même un nouveau logement dans le monde civil, mais ces contraintes peuvent mettre durement à l’épreuve les familles lorsque les anciens combattants doivent aussi composer avec des blessures physiques ou émotionnelles.

Le rapport, rédigé en collaboration avec l’ombudsman des Forces armées canadiennes (FAC), brosse le portrait d’un système qui semble indifférent à la situation des proches des ex-soldats, qui sont souvent les principaux fournisseurs de soins.

«Vivre avec un membre des FAC ou un vétéran souffrant d’un (trouble de stress opérationnel) débilitant, tel qu’un état de stress post-traumatique (ESPT), peut être très stressant pour la famille, précise le rapport. À cause des préjugés, les familles doivent souvent vivre ce stress en silence.»

Les proches peuvent trouver un peu de répit grâce à différents programme, dont un service de consultation psychologique volontaire, confidentiel et à court terme. Ils ont aussi la possibilité d’obtenir le remboursement de frais de déplacement dans certaines circonstances et de coûts liés aux soins de relève. Le document souligne cependant que le ministère des Anciens Combattants n’est pas très doué pour diffuser l’information.

«Les familles doivent être informées sur les programmes disponibles, sur les moyens d’obtenir de l’aide et sur les ressources de soutien pour les problèmes de santé mentale, écrit Guy Parent. En l’absence d’une communication efficace, les programmes et les services importants, tels que les soins de relève, risquent de passer inaperçus.»

Le ministre des Anciens Combattants, Kent Hehr, a remercié M. Parent pour son rapport, jeudi, disant que le gouvernement reconnaissait le rôle important joué par les familles à titre de fournisseurs de soins pour les vétérans aux prises avec des problèmes de santé physique ou mentale.

«Comme énoncé dans la lettre de mandat que m’a remise le premier ministre, je travaille avec le ministère de la Défense afin de réduire les éléments trop complexes, de remanier la prestation des services et de renforcer les partenariats entre Anciens Combattants Canada et le ministère de la Défense nationale», a déclaré M. Hehr dans un communiqué.