Les femmes entrepreneures demeurent sous-représentées au Canada, seon un rapport

MONTRÉAL — Malgré les progrès importants des dernières années pour encourager l’entrepreneuriat au féminin, les entrepreneures demeurent toujours sous-représentées au Canada, selon un nouveau rapport.

Si le nombre d’entreprises détenues majoritairement par des femmes a bondi de 50 % entre 2014 et 2017, elles représentaient cette dernière année seulement 15,6 % des petites et moyennes entreprises (PME) ayant au moins un employé.

On comptait environ 114 000 entreprises féminines sur un total de 730 000.

Ces chiffres proviennent du nouveau rapport du Portail de connaissances pour les femmes en entrepreneuriat (PCFE), intitulé «État des lieux de l’entrepreneuriat féminin 2020», qui a été publié mardi.

D’autres progrès ont été observés quant au nombre d’entreprises féminines exportatrices; leur proportion est passée de 5,7 % en 2011 à 10,8 % en 2017.

L’organisation Femmessor, qui travaille à financer et aider les femmes entrepreneures, dit se réjouir des avancées mentionnées dans le rapport, tout en ajoutant s’inquiéter de nombreux problèmes qui subsistent.

Par exemple, les femmes sont peu présentes dans certains secteurs de l’économie.

«On voit que (les femmes) sont sous-représentées dans certains secteurs d’activité, notamment des créneaux d’excellence qu’on met tant de l’avant, que ce soit l’innovation, les sciences, la technologie», a relevé Sévrine Labelle, présidente et chef de la direction de Femmessor, en entrevue téléphonique.

Le facteur pandémie

Et la pandémie de COVID-19 ne risque pas d’améliorer le portrait, selon le rapport du PCFE.

Le document souligne que les entreprises féminines sont frappées plus durement par la situation. Selon des données publiées en mai, la proportion d’entreprises détenues par des femmes qui ont mis à pied 80% ou plus de leurs employés est beaucoup plus importante: 62,1 % contre 45,2 % pour celles appartenant à des hommes.

La petite taille des entreprises féminines, ainsi que leurs secteurs d’activité — parmi les plus touchés par la crise — expliquent en partie ce phénomène.

Ce sont également les femmes qui sont plus susceptibles de s’occuper des enfants, ce qu’elles ont dû faire en grand nombre pendant que les écoles et garderies étaient fermées.

«Il y a même une étude canadienne qui démontre que les femmes jugent avoir davantage de responsabilités que les hommes à la maison et que ça a eu un impact considérable sur la gestion de cette crise-là et la gestion de leur entreprise en même temps», a souligné Mme Labelle.

Des solutions adaptées aux femmes

Pour remédier au problème, il est nécessaire d’adopter des mesures conçues spécifiquement pour aider les femmes, selon Sévrine Labelle.

«À une crise genrée, ça prend des mesures genrées», a-t-elle indiqué.

L’un des obstacles que doivent affronter les femmes est l’accès au financement. Selon le rapport, elles sont moins nombreuses à réclamer du financement et à en obtenir lorsqu’elles le demandent.

Mme Labelle souligne que les entrepreneures ont également besoin d’accompagnement «pour faire pivoter leur entreprise» dans une «ère post-COVID».

«Il faut que les entreprises puissent adapter leur modèle d’affaires. Les femmes ont aussi un besoin d’accompagnement, d’expertise pour pouvoir prendre ce virage-là», a-t-elle précisé.

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