Les fonctionnaires fédéraux quittent la table de négociation

OTTAWA — Les fonctionnaires fédéraux pourraient être en grève plus tard cette année et ce sera au parti qui formera le gouvernement après les élections d’octobre de régler le problème.

L’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) — le plus grand syndicat de fonctionnaires — a quitté la table de négociations visant à arriver à un nouveau contrat de travail, qui concerne plus de 100 000 travailleurs.

L’AFPC a pris cette décision après que le gouvernement eut présenté une «offre globale» comprenant un certain nombre de concessions et une proposition salariale inadéquate, a déclaré le président du syndicat, Chris Aylward.

«Ils ont refusé d’inclure des choses très, très simples, telles qu’un protocole d’accord sur la santé mentale», a renchéri M. Aylward en entrevue avec La Presse canadienne.

«Nous avons donc compris qu’il était inutile d’aller plus loin avec cet employeur», a-t-il tranché.

Ces déclarations du syndicat ont entraîné la création d’un comité de trois personnes appelé à réexaminer ce qui s’est déroulé dans les pourparlers jusqu’à maintenant et à produire un rapport, ce qui pourrait prendre plus de six mois.

Si rien ne change, l’AFPC pourra tenir un vote de grève une semaine après la présentation du rapport.

«Bien qu’il soit décevant de voir l’AFPC déclarer l’impasse, nous croyons que des discussions productives peuvent se poursuivre par la négociation et nous sommes disposés à retourner à la table à tout moment», a commenté par courriel le porte-parole du Conseil du Trésor, Martin Potvin.

Il appartiendra à la Commission des relations de travail et de l’emploi dans le secteur public fédéral de déterminer les prochaines étapes, qui pourraient inclure la création d’une commission de l’intérêt public pour aider à régler le conflit.

M. Potvin n’a pas voulu commenter le contenu des discussions avec le syndicat.

Le syndicat affirme que le gouvernement a proposé à ses membres d’augmenter leurs salaires de 1,5 pour cent par an, mais le président de l’Alliance, Chris Aylward, a déclaré que ses membres réclamaient des hausses de salaire supérieures à 3 pour cent.

L’AFPC s’est retrouvée isolée la semaine dernière lorsque plus d’une dizaine d’autres syndicats ont signé un accord d’indemnisation des fonctionnaires lésés par le système de paye défaillant Phoenix.

Dans le cadre de cet accord, de nombreux employés du gouvernement bénéficieront de cinq jours supplémentaires de congés payés sur quatre ans et instaureront un nouveau processus permettant aux travailleurs directement concernés par le système de déposer des demandes d’indemnisation pécuniaire.

Pour l’AFPC, l’offre de dédommagement n’est pas suffisante pour les problèmes que cette débâcle a causés à ses 140 000 membres touchés.

Chris Aylward soutient que même les fonctionnaires qui ne sont pas affectés par les erreurs de Phoenix souffrent d’angoisse en se demandant chaque fois si leur chèque de paie sera déposé.