Les fonctionnaires sont furieux d’avoir été traités d’ayatollahs par Lamontagne

QUÉBEC — Les fonctionnaires du ministère de l’Environnement sont furieux de s’être fait traiter d’«ayatollahs» par le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne.

C’est ce qu’a signifié le président du Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), Richard Perron, dans une entrevue avec La Presse canadienne mardi.

Samedi, M. Lamontagne a créé une polémique au congrès de l’Union paysanne, une association de petits producteurs agricoles. Il a laissé entendre qu’il y avait «quelques ayatollahs» au ministère de l’Environnement concernant l’agriculture, bref des employés bornés et intransigeants.

Mardi, le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, a même pris la défense de son collègue en Chambre et a refusé de se dissocier de ces propos sur ses propres fonctionnaires.

Il a dit que ce sont de «véritables professionnels» qui «savent fort bien que les propos de mon collègue à l’Agriculture visaient à défendre une forme d’agriculture encore plus écologique».

Or selon le président du SPGQ, Richard Perron, les professionnels du gouvernement «sont en (juron), mais ne peuvent parler, parce qu’ils craignent qu’il leur arrive la même chose qu’à Louis Robert», cet agronome du ministère de l’Agriculture congédié pour avoir dénoncé l’ingérence de l’industrie des pesticides dans la recherche.

L’omertà règne actuellement au sein de la fonction publique en raison des menaces que laisse planer le gouvernement caquiste, qui veut comme ses prédécesseurs «étouffer tout le monde qui pourrait lui nuire, peu importe si l’intérêt public est en jeu», a décrié M. Perron.

«Si nos professionnels pouvaient dire ce qu’ils pensent des commentaires de ces deux ministres-là, ils auraient certainement à craindre de se faire congédier comme Louis Robert», a-t-il poursuivi.

Au dire du président du SPGQ, «il y a beaucoup de colère» chez ses membres qui se sentent «méprisés et déconsidérés par leurs ministres».

De son côté, le Parti libéral a déploré le «bris de confiance évident» entre la population et le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, qui est en train de se discréditer en désavouant les scientifiques et conseillers des ministères.

Le Parti québécois a quant à lui soutneu que le premier ministre François Legault aura un choix à faire, à savoir s’il renouvelle sa confiance envers M. Lamontagne.

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