Les forces spéciales canadiennes ont appuyé une attaque irakienne contre Daech

OTTAWA — Le commandant des forces spéciales canadiennes a indiqué que ses troupes avaient appuyé le mois dernier une offensive irako-américaine contre le Daech.

Selon des responsables militaires, cette attaque aurait tué plusieurs dizaines de combattants du groupe terroriste.

Placée sous le nom de code «Ready Lion», l’offensive s’est étendue pendant deux semaines dans une zone montagneuse dans le nord de l’Irak. Elle impliquait des appareils irakiens et de la coalition qui ont bombardé les positions de Daech dans des tunnels et des casemates. Ceux qui tentaient de s’échapper étaient tués ou capturés par des soldats irakiens.

Les Forces armées canadiennes ont été relativement muettes sur le rôle de ces quelque 200 soldats en Irak au cours des récentes années.

Dans une entrevue exclusive à La Presse Canadienne, le major-général Peter Dawe a déclaré que ses troupes avaient contribué à planifier l’offensive. Elles ont aussi accompli des missions de surveillance et d’approvisionnement ainsi que des évacuations médicales.

Le gouvernement canadien a récemment annoncé la prolongation de l’intervention canadienne en Irak jusqu’au 31 mars 2022. Un maximum de 850 militaires pourront être déployés dans le cadre de l’opération «Impact». 

Le général Dawe confirme que les forces spéciales du Canada se meuvent à partir d’une base militaire près de la ville d’Irbil, dans la région du nord du Kurdistan irakien. Cette base a été attaquée par des roquettes à plusieurs reprises au cours de la dernière année, mais l’officier supérieur dit qu’aucun Canadien n’avait été blessé.

Bien que l’opération Ready Lion ait été saluée comme un succès, le général Dawe souligne que le soutien du Canada était «une exception à la tendance» des activités de ses troupes en Irak.

Sans entrer dans des précisions, il a laissé entendre que les Canadiens forment et aident leurs homologues irakiens à planifier une opération plutôt que d’être présents sur le champ de bataille.

Selon lui, cela reflète les compétences et l’expérience acquises par les Irakiens dans la traque des combattants de Daech. Il a confirmé que des soldats canadiens les accompagnaient parfois sur le terrain.

«C’est une progression, dit-il. Nous sommes encore occasionnellement en train de conseiller et d’assister sur le plan tactique. Nous nous sommes retrouvés à l’occasion à proximité d’acteurs hostiles. Et à l’occasion, nous avons dû nous défendre et défendre nos partenaires.»

Il mentionne que les troupes canadiennes ont fait usage de leurs armes à moins une occasion au cours des deux dernières années.

Le sergent Andrew Doiron, de Moncton, au Nouveau-Brunswick, est le seul Canadien à avoir été tué au cours de la mission contre Daech, mais il aurait été tué par un tir ami en mars 2015.

La décision du gouvernement de prolonger l’intervention s’accompagne d’une incertitude au sujet de la forme exacte de la présence du Canada en Irak et dans la région au cours des prochains mois.

À l’heure actuelle, le Canada ne compte que 17 entraîneurs impliqués dans l’intervention. La mission de formation de l’OTAN a compté jusqu’à 250 Canadiens et était dirigée par un Canadien, la major-générale Jennie Carignan, jusqu’à ce que le commandement soit transféré au Danemark, en novembre.

Le brigadier-général Michael Wright, commandant de la Force opérationnelle interarmées IMPACT, qui supervise les éléments de l’intervention canadienne n’impliquant pas les forces spéciales, dit que l’OTAN cherche à déterminer avec l’Irak la meilleure approche pour la mission de formation.

Le Canada a également une unité de quartier général, deux avions de transport CC-130 Hercules et du personnel de soutien au Koweït participant à l’intervention contre Daech, ainsi que des équipes de formateurs militaires en Jordanie et au Liban.

Au total, il y a environ 500 soldats canadiens dans la région, bien que le gouvernement fédéral en ait autorisé jusqu’à 850.

La menace posée par l’Iran et les milices soutenues par ce pays en Irak est de plus en plus préoccupante. Pendant ce temps, le nombre de combattants de Daech supposés se trouver en Irak et en Syrie est passé de 14 000 à 18 000 et de 8000 à 16 000.

Même si certains experts croient que la mission de l’intervention n’est plus vraiment de combattre Daech, mais de surveiller l’Iran, les généraux Dawe et Wright soutiennent que l’attention demeure portée sur Daech.

«Notre mandat est la défaite de Daech, souligne le général Wright. C’est sur quoi nous restons concentrés. De toute évidence, nous prêtons attention aux autres menaces dans la région afin de nous tenir au courant de la situation et de protéger nos forces.»

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