Les forces syriennes pilonnent une région rebelle densément peuplée

BEYROUTH — Les raids aériens menés par l’armée syrienne ont tué au moins une dizaine de personnes lundi, après avoir touché une zone résidentielle très peuplée dans le dernier bastion des rebelles dans la province d’Idlib, dans le nord-ouest du pays.

Selon les Casques blancs, un groupe de civils qui agissent comme secouristes, 11 personnes ont été tuées, dont six enfants et quatre femmes. Les secouristes étaient toujours à la recherche de survivants sous les décombres après les frappes aériennes dans la ville d’Ariha. Un sauveteur a déclaré qu’après deux heures de recherches, deux enfants avaient été retrouvés vivants.

Des vidéos de la scène tournées par les Casques blancs montraient une ruelle étroite bloquée par les débris d’un bâtiment pulvérisé. Des survivants couverts de poussière blanche transportaient un blessé sur un brancard et une jeune fille dans une ambulance.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, 17 personnes ont été tuées lundi dans la région, dont neuf à Ariha et six autres dans le village de Hazareen.

La région rebelle abrite près de trois millions de personnes, qui n’ont nulle part où aller pour échapper à l’offensive gouvernementale.

Un cessez-le-feu en vigueur depuis septembre dans la province d’Idlib, négocié entre la Russie et la Turquie, s’est pratiquement effondré.

Selon les agences des Nations unies, plus de 200 000 personnes sont déplacées dans ce bastion rebelle. Elles ont quitté la pointe sud de la région pour se diriger vers le nord, surchargeant des villes et des camps de déplacés déjà bondés. La plupart des déplacés vivent en dehors des camps, d’après l’ONU.

Depuis le début des violences dans la région le 30 avril, au moins 215 civils, dont 47 enfants, ont été tués, d’après l’Observatoire.

Dans la seule journée de lundi, l’Observatoire a comptabilisé plus de 100 raids aériens et pas moins de 93 barils d’explosifs largués sur la partie sud de la région rebelle.