Les foyers de soins en Ontario ne sont «peut-être pas prêts» à la deuxième vague

TORONTO — Les foyers de soins de longue durée en Ontario font toujours face à une grave pénurie de personnel et ne sont probablement pas prêts à affronter la deuxième vague de la pandémie, a appris une commission indépendante.

La pénurie de personnel a pourtant été l’une des principales causes des taux de mortalité élevés de COVID-19 dans ces foyers au printemps dernier, a rappelé l’Association des soins de longue durée de l’Ontario devant la commission indépendante chargée d’enquêter sur cette tragédie. «Nous connaissons toujours une grave pénurie de personnel», a rappelé Donna Duncan, directrice de l’association qui représente 70 pour cent des foyers de soins de longue durée en Ontario.

La Commission d’enquête sur la COVID-19 dans les foyers de soins de longue durée ne tient pas d’audiences publiques, mais les transcriptions des témoignages sont mises en ligne quelques jours plus tard. Lors de son témoignage, en septembre, Mme Duncan a estimé que les foyers ontariens n’étaient probablement pas prêts à affronter une deuxième vague de COVID-19.

Près de 1900 personnes en soins de longue durée sont décédées de la COVID-19 en Ontario depuis le début de la pandémie. Et on signale actuellement des éclosions dans 71 foyers de soins de longue durée, selon les données provinciales.

Mme Duncan a précisé à la commission qu’environ la moitié de ces décès sont survenus avant le 15 avril, lorsque le gouvernement ontarien a finalement amorcé son plan d’action dans les foyers de soins de longue durée, «quand il a été clair que les hôpitaux étaient stabilisés», a-t-elle dit.

Elle faisait ainsi écho à ce que des médecins de foyers de soins de longue durée avaient déjà souligné à la commission: ces établissements ont connu une grave pénurie d’équipement de protection individuelle parce que le gouvernement en avait redirigé une grande partie vers les hôpitaux.

La PCU et la mobilité

Mme Duncan a aussi souligné que plusieurs préposés aux bénéficiaires et infirmières étaient restés à la maison, pour diverses raisons. «Dans les situations les plus tragiques (…) le personnel est tombé à 20 %.» Or, peu de mesures ont été adoptées pour remédier à cette pénurie de personnel, selon elle.

Plus de la moitié des 625 foyers de la province ont connu des éclosions de COVID-19, a rappelé Mme Duncan. Des décès sont survenus dans 16 % de tous les foyers, a-t-elle dit, et la moitié de tous les décès sont survenus dans 23 foyers.

Mme Duncan a aussi avancé que d’autres facteurs ont contribué à la pénurie de personnel, notamment la Prestation canadienne d’urgence du gouvernement fédéral, qui aurait découragé certains travailleurs de retourner à leur poste, et une directive du gouvernement provincial qui interdisait le mouvement de personnel entre établissements.

Pour remédier à la situation, Mme Duncan estime que le gouvernement et les foyers de soins de longue durée doivent agir rapidement et travailler ensemble en tant que partenaires. «Pouvons-nous puiser dans une nouvelle main-d’oeuvre? Vous savez, les gens des secteurs de l’hébergement et de l’hôtellerie ont malheureusement perdu leur emploi», a-t-elle soulevé.

Elle a aussi suggéré de former les futurs préposés alors qu’ils mettent déjà la main à la pâte dans un foyer.

La commission indépendante, présidée par le juge en chef adjoint de la Cour supérieure Frank Marrocco, devrait présenter ses recommandations au printemps prochain.

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