La région de Waterloo, en Ontario, est aux prises avec une éclosion du variant Delta

TORONTO — La région de Waterloo, dans le sud-ouest de l’Ontario, signalait mercredi le plus grand nombre de nouveaux cas de COVID-19 dans toute la province, et les autorités locales affirment qu’un variant beaucoup plus contagieux était probablement à l’origine de cette éclosion.

La région de Waterloo enregistrait mercredi 71 nouvelles infections, dépassant les 54 signalées à Toronto et les 60 dans sa banlieue de Peel, qui ont toutes deux été d’importantes «zones chaudes» de COVID-19 depuis le début de la pandémie. Les responsables à Waterloo précisent que la majorité des cas sont associés à des contacts étroits et à des rassemblements.

Deux députées néo-démocrates de la région ont demandé cette semaine l’aide du gouvernement provincial. Catherine Fife, députée de Waterloo, et Laura Mae Lindo, députée de Kitchener-Centre, soutiennent que leur région n’a pas reçu un approvisionnement équitable de vaccins.

Le nombre total de cas et d’hospitalisations de COVID-19 en Ontario a diminué ces dernières semaines, mais les bilans de Waterloo semblent augmenter. La région, qui comprend notamment les villes de Waterloo, Kitchener et Cambridge, signalait 494 cas actifs mercredi après-midi. Les autorités locales ont également noté une augmentation des hospitalisations et des admissions aux soins intensifs.

Le bureau de santé publique de la région déclarait vendredi dernier que le variant Delta, plus contagieux, était à l’origine de cette éclosion. Mercredi, on signalait 32 cas confirmés de ce variant dans la région de Waterloo – le troisième nombre le plus élevé de toute la province, après Peel et Toronto. Les autorités provinciales ont toutefois rappelé que le processus de confirmation des cas de variant Delta est plus lent et que le bilan pouvait en fait être plus élevé.

Les conseillers scientifiques du gouvernement ontarien estiment que le variant Delta est environ 50 % plus contagieux que le variant Alpha, qui a entraîné ce printemps en Ontario une très grave troisième vague. Les personnes qui ont reçu une seule dose de vaccin sont également moins protégées contre ce variant Delta.

Le variant Delta a également été lié à une augmentation spectaculaire du nombre de cas dans le nord-est de la région sanitaire Porcupine (Timmins), la seule région qui n’a pas levé la semaine dernière les restrictions sur les commerces et les rassemblements.

Le gouvernement a désigné la région de Waterloo comme «point chaud du variant Delta» la semaine dernière, accordant la priorité à ses résidents pour les deuxièmes doses devancées de vaccin. Mais les autorités régionales ont prévenu que ceux qui veulent devancer leur date pourraient devoir attendre longtemps, compte tenu du volume de demandes et de l’approvisionnement.

Moins de 400 nouveaux cas en Ontario

L’Ontario signalait mercredi 384 nouveaux cas de COVID-19 et 12 autres décès liés au virus.

Le ministère de la Santé a précisé qu’il y avait 71 nouveaux cas à Waterloo, 60 dans la région de Peel et 54 à Toronto. On comptait aussi 23 nouveaux cas à Middlesex-London et 21 à Ottawa. Ces données sont basées sur près de 28 100 tests terminés.

Le ministère de la Santé a aussi indiqué que 438 personnes étaient hospitalisées avec la COVID-19 – 377 aux soins intensifs et 242 sous respirateur. Le gouvernement affirme qu’on a administré un record de 202 984 doses de vaccin depuis le rapport de mardi, pour un total de plus de 11,7 millions de doses administrées jusqu’ici en Ontario. 

Les frontières de l’Ontario avec le Québec et le Manitoba ont par ailleurs rouvert complètement, mercredi. Un décret provincial restreignant les déplacements interprovinciaux entre ces provinces a expiré à minuit mardi soir. 

La mesure avait été mise en place en avril, alors que l’Ontario luttait contre une troisième vague de COVID-19. Elle s’appliquait aux frontières terrestres et maritimes.

Les déplacements entre les régions n’étaient permis que pour des raisons essentielles, telles que les soins de santé, la garde d’enfants ou des motifs de compassion, comme assister à des funérailles. Le décret permettait aussi aux policiers d’interroger les gens sur les raisons de leur entrée en Ontario.

Les salons de coiffure s’impatientent 

De leur côté, les propriétaires de salons de coiffure demandent au gouvernement de permettre la réouverture de leur secteur, affirmant que leurs établissements sont sécuritaires et que de nombreuses mesures sanitaires ont été mises en place.

L’Ontario a amorcé vendredi dernier la première phase de son plan de déconfinement en trois étapes. Les commerces non essentiels ont pu rouvrir, les repas en terrasse sont permis et les cours de conditionnement physique en plein air ont repris, entre autres. Mais les salons de coiffure et autres services de soins personnels ne devraient rouvrir qu’à la phase deux du plan de déconfinement, prévue le mois prochain.

Les salons de coiffure sont fermés depuis avril en Ontario — mais depuis novembre dans les «zones chaudes» comme Toronto et sa banlieue de Peel. Kathy Inch, fondatrice de l’Association des coiffeuses de l’Ontario, souligne que cette fermeture a créé une économie souterraine de salons et de spas qui fonctionnent en violation des règles. Les salons qui restent fermés doivent toujours payer le loyer, les assurances et les frais fixes, sur un revenu nul, alors qu’ils se font voler leurs clients par ceux qui travaillent illégalement, explique Mme Inch.

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante a aussi exhorté le gouvernement ontarien à ajouter les salons de coiffure et autres services de soins personnels à la liste des entreprises qui sont autorisées à rouvrir à la première phase du plan de déconfinement.

Le gouvernement de l’Ontario explique qu’il adopte une approche prudente, en fonction des taux de vaccination et de l’amélioration des indicateurs. «Les variants hautement contagieux ont démontré que les indicateurs clés peuvent changer très rapidement et nous devons rester vigilants», a expliqué un porte-parole du ministère de la Santé.

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