Les futurs enseignants invités à se réorienter pour porter des signes religieux

QUÉBEC — Les jeunes Québécois pieux qui rêvent d’embrasser une carrière d’enseignant devraient songer déjà à se réorienter, s’ils tiennent à porter leurs signes religieux.

Ils doivent comprendre que dès que la loi 21 sera adoptée, vraisemblablement en juin, ils ne pourront pas décrocher un poste d’enseignant au primaire ou au secondaire dans le réseau public, à moins de renoncer à leurs signes religieux, a commenté en substance le premier ministre François Legault.

«Il y a d’autres emplois de disponibles», a noté le premier ministre, mercredi matin, lors d’une mêlée de presse.

M. Legault et le ministre responsable du dossier, Simon Jolin-Barrette, ont dû une fois de plus, mercredi, défendre et expliquer la teneur du controversé projet de loi 21, déposé jeudi dernier, alors que les partis d’opposition ont multiplié les critiques et les questions sur sa portée, son application et le processus d’adoption.

Un bâillon, déjà?

Pressé de passer à autre chose, M. Legault n’a pas exclu la possibilité de recourir à la procédure exceptionnelle du bâillon, si nécessaire, pour forcer l’adoption de sa législation avant l’ajournement des travaux, le 14 juin, et ce, même si le projet de loi vient tout juste d’être déposé.

Son gouvernement va se prêter au jeu parlementaire jusqu’en juin, «puis, si on est capables de bien le faire, on n’aura pas besoin de bâillon», a dit le premier ministre en Chambre, persuadé que l’opposition libérale, de toute façon, ne changera pas d’idée, qu’on débatte du sujet «pendant deux mois ou deux ans».

L’opposition libérale s’oppose à l’idée d’interdire aux employés de l’État de porter des signes religieux.

Le député libéral Gaétan Barrette se dit persuadé que le gouvernement, qui paraît déterminé à adopter la législation à toute vapeur, prépare déjà son bâillon, une attitude «très peu démocratique» selon lui.

Mardi, le chef de l’opposition officielle, Pierre Arcand, avait dénoncé l’approche «bulldozer» du gouvernement dans ce dossier et le peu de temps disponible, environ cinq semaines, pour étudier le projet de loi. Mercredi, il est revenu à la charge pour qualifier de «cafouillage monstre» la sortie, la veille, de la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, qui a affirmé que la police pourrait intervenir dans les commissions scolaires pour faire respecter la loi. Elle a corrigé le tir par la suite, mais le mal était fait.

«C’est de l’improvisation totale», a commenté le député libéral Gaétan Barrette, qui n’a pas hésité à traiter la ministre d’incompétente. Il a dit ne pas souhaiter voir de «police politique» sévir au Québec.

La députée libérale porte-parole dans ce dossier, Hélène David, a renchéri pour dire que le gouvernement, sur une question «aussi sensible, aussi épidermique», devait se présenter devant la population «ultra-préparé» sur les moyens privilégiés pour appliquer la loi et disposé à répondre «à toutes les questions possibles».

L’absence de sanctions associées au non-respect de la loi a fait tiquer pour sa part le chef péquiste par intérim, Pascal Bérubé, qui promet de soulever ce problème lors de l’étude détaillée du projet de loi.

Le ministre de l’Immigration, responsable du dossier, Simon Jolin-Barrette, a rappelé que «toutes les organisations qui sont visées par le projet de loi, les municipalités, les commissions scolaires, devront faire appliquer la loi». Même s’il a été pressé de questions, il n’a toujours pas voulu élaborer sur les conséquences auxquelles s’exposent les contrevenants.

En réponse en Chambre aux questions de la députée libérale Hélène David, qui s’inquiétait du fait que la loi ira jusqu’à interdire les signes religieux non visibles (portés sous les vêtements), le ministre s’est fait rassurant. 

«Il est très clair que la personne chargée de l’application de la loi, la plus haute autorité administrative à l’intérieur de chaque organisation, ne demandera pas aux gens de se déboutonner pour vérifier s’ils portent des signes religieux ou non. Il s’agit d’une question de respect de la loi», a fait valoir le ministre, qui avait promis précédemment qu’il n’était pas question de procéder à des fouilles à nu.

Le projet de loi 21 vise à interdire à une longue liste de catégories d’employés de l’État de porter des signes religieux dans l’exercice de leurs fonctions, nommément les enseignants du primaire et du secondaire du secteur public et les directeurs d’écoles, les policiers, gardiens de prison et procureurs. 

Les commentaires sont fermés.

Comme toute loi est représentative (ou à tout le moins sensée être représentative) d’un choix démocratique du peuple, elle se doit d’être respectée par tous ses individus. Cela incluant surtout et avant tout toutes ses institutions quelles qu’elles soient. Il en va donc ainsi des commissions scolaires où qu’elles soient .
Donc, quand on entend un directeur de commission scolaire en appeler à la désobéissance civile avant même l’adoption d’une telle loi, c’est non seulement faire outrage au gouvernement qui fait cette loi, mais également envers le peuple qui le supporte, et que donc ce ou ces directeurs devraient être poursuivis en justice pour trahison purement et simplement, et être sévèrement punis .
La majorité a parlé, elle doit être écoutée, point final.

Parlant de ¨bâillon¨, attitude «très peu démocratique» selon lui, le doc Barrette ne devrait pas trop insister, le PLQ ne donnant pas sa place en ce domaine. Il ne faut pas oublier que c’est juste le premier bâillon, si nécessaire, qui sera utilisé par la CAQ.
Le PLQ, déjà âgé de plus de 150 ans n’est debout encore que grâce aux ¨capitaux¨ qui gèrent son orientation au fur et à mesure des générations qui l’ont supporté. Alors, les leçons de morale pourraient nous être exemptées de la part des vierges offensées de ce parti plus déviant que préoccupé des réels inquiétudes de sa population .
Aujourd’hui, pour condamner quelqu’un, un parti, une association ou autre, on n’a qu’à le (la) traiter de ¨ populiste¨ alors que le mot tient son origine du mot ¨peuple¨. Y a-t-il un mal quelconque d’être favorable au peuple ?
Si vous répondez oui à cette question, vous ne valez pas mieux que les ¨nazis¨ que vous condamnez.

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