Les groupes criminels s’adaptent à la fermeture des frontières, dit la police

VANCOUVER — Le crime organisé et les groupes criminels présents en Colombie-Britannique ont adapté leur modus operandi afin de poursuivre leurs activités illégales en dépit des conséquences économiques de la pandémie de COVID-19, ont indiqué les policiers.

Depuis l’adoption des mesures de distanciation sociale il y a un peu plus d’un mois, le prix des drogues a grimpé dans la province, a mentionné l’Unité combinée des forces spéciales consacrée au crime organisé.

«Leur matière première est plus difficile à obtenir puisque les frontières sont fermées, et que les échanges commerciaux et les déplacements des individus sont davantage surveillés. En conséquence, il y a une baisse de l’offre», a expliqué la sergente Brenda Winpenny, une porte-parole l’Unité combinée des forces spéciales consacrée au crime organisé.

Les policiers ont aussi observé une baisse de la qualité des drogues sur le terrain en raison de la difficulté d’approvisionnement, a-t-elle ajouté.

Il n’y a toutefois pas eu une hausse marquée de la violence entre les membres de diverses organisations criminelles, comme les fusillades, puisqu’ils sont plus facilement repérables en raison du peu de gens présents dans les rues, a souligné Mme Winpenny.

Le Service de police de Vancouver a également observé cette tendance, bien qu’il ait remarqué une différence dans l’offre de drogues illicites.

«Leur principale source de revenus, qui provient des drogues, n’a pas ralenti, a évoqué le sergent Aaron Roed. La quantité de drogues présente dans les rues, et le coût de ces drogues, sont demeurés identiques en dépit de la pandémie.»

Les enquêteurs tentent de déterminer comment les groupes criminels de Vancouver font pour contourner les contraintes aux frontières.

«Ils continuent d’obtenir la marchandise. À moins qu’ils pigent dans leurs réserves, ce qui est peu probable selon nous», a dit M. Roed, en ajoutant que la police ne peut spéculer sur la façon dont les groupes criminels maintiennent leur offre sur le marché.

M. Roed et Mme Winpenny ont souligné que les policiers auront un portrait plus clair de la façon dont les groupes criminels ont été affectés après la pandémie, et lorsque les statistiques en matière criminelle seront disponibles.

Un expert a mentionné qu’il est difficile d’évaluer les conséquences à court terme de la pandémie de COVID-19, mais a reconnu que les groupes criminels ont adapté leur manière de négocier leurs drogues.

«Distribuer la drogue aux clients est devenu leur principal défi, en raison de la baisse de l’achalandage dans les rues», a expliqué Benoit Gomis, un chercheur qui se spécialise dans le crime organisé et le terrorisme.

«Ça les force à trouver de nouvelles façons de distribuer les substances illicites, dont la vente en ligne et la livraison de colis», a-t-il ajouté.

Les plus populaires