Les hôpitaux de Médecins Sans Frontières, de plus en plus la cible d’attaques

La présidente de l’organisme lance un cri d’alerte.

Photo: F.J Brown/AFP/Getty Images
L’hôpital de Médecins Sans Frontières à Kunduz, en Afghanistan, bombardé en octobre. (Photo: F.J Brown/AFP/Getty Images)

Les attaques contre les hôpitaux de Médecins Sans Frontières (MSF) se multiplient. La plus récente, hier, en Syrie, a fait sept morts parmi le personnel et les patients de l’hôpital. Huit travailleurs humanitaires sont également portés disparus.

Le 10 janvier, c’était un établissement du Yémen qui était touché. Bilan : six morts et huit blessés, dont deux membres du personnel de MSF.

En zone de guerre, des conventions internationales protègent pourtant les hôpitaux, s’insurge la présidente de l’organisme, la pédiatre québécoise Joanne Liu. L’actualité l’a jointe au siège social de MSF, à Genève.

Les hôpitaux sont-ils de plus en plus pris pour cibles ?

Au Yémen, trois centres médicaux de MSF (ou soutenus par l’organisme) ont été attaqués depuis octobre. Les forces gouvernementales frappent en territoire rebelle chiite, avec le soutien d’une coalition menée par l’Arabie saoudite. J’y suis allée l’été dernier. Toutes les nuits, on se fait réveiller par des bombardements. Il y a des blessés partout, des morceaux d’humains… Des écoles, des marchés, des hôpitaux sont bombardés. Les conventions de Genève sont pourtant claires au sujet de la protection du personnel médical et de l’accès aux soins pour les civils en zone de guerre. Ces accords sont bafoués.

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La pédiatre québécoise Joanne Liu, présidente de Médecins Sans Frontières. (Photo: F. Coffrini/AFP/Getty)

La situation empire-t-elle ? 

Depuis trois ou quatre ans, on sent une érosion de l’application du droit international humanitaire. Au Soudan du Sud, nos hôpitaux ont été pillés par des combattants. Des patients ont été tués dans leur lit. En octobre, en Afghanistan, 42 personnes sont mortes, dont 14 employés de MSF, dans la pire attaque aérienne de l’histoire de notre organisation. L’hôpital a été détruit, les humains, pulvérisés. Les Américains ont reconnu être à l’origine des bombardements, affirmant qu’ils ciblaient des talibans. Mais notre hôpital n’était pas une base de talibans ! Aucune arme n’est tolérée dans nos hôpitaux.

Que faire pour que la situation change ?

Nous demandons aux 193 États membres des Nations unies de réaffirmer leur engagement à respecter l’accès aux soins médicaux en zone de guerre. Les pays se sont donné des règles de base, même en temps de guerre. C’est notre part d’humanité. MSF emploie 35 000 personnes. Si les belligérants des pays où nous travaillons ne respectent pas le droit international humanitaire, mon personnel va peut-être me dire : je n’ai pas envie d’aller là.

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3 commentaires
Les commentaires sont fermés.

C’est le retour de la barbarie sous l’oeil plus ou moins indifférent de la communauté internationale car la priorité est donnée à l’économie ,. Les gens ordinaires eux sont scandalisés ,horrifiés mais …..

les pays et leur dirigeants terroristes comme israel,usa,arabie saoudite ne respectent plus aucune lois pour arriver a leur fin,comme on l’as déja vue avec les bombes chimique qu’ils n’ont pas hésiter a lacher sur des enfants en syrie ou ils ont fait plus de mille morts dans le seul but de tromper l’opinion publique et faire croire que ca venait de bashar el assad qui lui ne ferait meme pas un geste aussi sale et lache,
les terroristes américains sont pret a tout et on ne peut pas leur faire confiance.

On devrait faire attention de ne pas laisser écrire n,importe quoi sur ce forum. Merci. Car des faits sans fondements peuvent être dévastateurs.