Les huttérites des Prairies seraient stigmatisés à cause d’éclosions de COVID-19

OTTAWA — L’administratrice en chef de la santé publique du Canada a mis en garde mardi contre toute discrimination à l’égard des huttérites, dont certaines «colonies» dans les Prairies connaissent des éclosions de COVID-19.

«Les communautés environnantes — ou le reste de la population — ne doivent pas stigmatiser ces communautés», a déclaré mardi la docteure Theresa Tam. «Cela n’aide en rien à régler la situation.»

Des éclosions du coronavirus ont été signalées dans des colonies huttérites en Alberta, en Saskatchewan et au Manitoba. Certains cas ont été liés à des funérailles célébrées dans le sud de l’Alberta pour trois adolescents qui s’étaient noyés le mois dernier. Ces funérailles avaient attiré des personnes des trois provinces des Prairies.

Plus d’une vingtaine de nouveaux cas ont été signalés lundi dans des colonies huttérites de la Saskatchewan. Le premier ministre Scott Moe a qualifié cette éclosion de grave, mais il a souligné que le nombre croissant de cas déclarés démontre que les huttérites prennent les bonnes mesures et se font dépister. Il a également mis en garde contre la stigmatisation des membres de ces colonies.

Comme les mennonites et les amish, les huttérites sont des anabaptistes qui vivent en communautés plutôt fermées — des «colonies». On compte environ 50 000 huttérites dans plus de 520 colonies au Canada et aux États-Unis. Or, le mode de vie de ces colonies huttérites les rend vulnérables à la propagation du coronavirus, puisque les membres font la plupart de leurs activités en communauté.

De nombreuses colonies ont rapidement réagi aux éclosions de COVID-19 pour se protéger, ainsi que les communautés voisines, en fabriquant de grandes quantités de masques ou en limitant les déplacements à l’intérieur et à l’extérieur. Mais des huttérites auraient été victimes de discrimination dans des magasins des trois provinces des Prairies. Le Manitoba n’identifie d’ailleurs plus les colonies dont des membres ont été déclarés positifs.

La docteure Tam a indiqué mardi que le gouvernement fédéral fournissait un soutien épidémiologique, mais elle reconnaît que davantage de travail doit être fait dans certaines communautés. «La COVID-19 ne fait pas de discrimination», a-t-elle soutenu. «Ce virus peut affecter n’importe lequel d’entre nous. Ce sont donc les systèmes et la société qui discriminent et non le virus lui-même.»

Laisser un commentaire
Les plus populaires