Des inondations records menacent le Nouveau-Brunswick

FREDERICTON — Plusieurs personnes ont dû évacuer leur maison, mercredi, dans la région de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, où la montée des eaux pourrait être plus importante qu’en 1973, une année record.

Le chef du service d’incendies de Saint-Jean, Kevin Clifford, a déclaré que le niveau d’eau du fleuve pourrait grimper jusqu’à 6,6 mètres au-dessus du niveau de la mer d’ici dimanche.

Une prévision alarmante qui pourrait entraîner l’une des pires inondations dans les secteurs plus bas autour du fleuve. C’est pour cette raison que les autorités recommandent aux résidants d’évacuer la région.

L’Organisation des mesures d’urgence estime que l’avis d’évacuation volontaire pourrait toucher jusqu’à 1900 personnes à Saint-Jean. Ces évacués pourraient trouver refuge chez des proches, à moins de se rendre au Centre communautaire Carleton ou de communiquer avec la Croix-Rouge.

M. Clifford se dit «très inquiet» du fait que les inondations pourraient être plus graves qu’en 2008 ou en 1973. Selon lui, les éléments laissent croire que cet épisode d’inondations sera plus imposant et plus long.

Les services d’urgence prévoient que les inondations vont se poursuivre pour au moins cinq jours. Les résidants du secteur sud du fleuve Saint-Jean sont invités à demeurer sur un pied d’alerte. On s’attend aussi à une situation pire que par le passé dans les municipalités de Jemseg, Gagetown, Hampstead et d’Oak Point, jusqu’à Quispamsis.

D’autres cours d’eau sont par ailleurs menaçants, notamment les rivières Nashwaak, Salmon, Middle et Tetagouche.

En conférence de presse depuis Fredericton, où des parties de la ville sont inondées depuis plusieurs jours, le premier ministre Brian Gallant a mis en garde les citoyens près du fleuve de «se préparer au pire».

«Le pire n’est pas encore passé, a déclaré Brian Gallant, mercredi. Les niveaux d’eau au sud de Fredericton vont continuer de monter dans les prochains jours. C’est le temps de passer à l’action, maintenant.»

Le premier ministre insiste sur l’importance de ne pas être complaisant face à cette situation d’urgence «que nous n’avons jamais connue».

Le niveau d’eau est si élevé que le courant des célèbres rapides réversibles ne se renverse plus. Le débit d’eau qui coule en direction sud vers la baie de Fundy est si puissant qu’il repousse la marée haute qui renverse habituellement le sens du courant.

«Ça n’arrive plus depuis trois jours, observe la responsable des visites guidées Nicole Gray. On dirait que c’est toujours marée basse.»

Dans la municipalité de Quispamsis, des représentants municipaux ont fait du porte-à-porte, lundi soir, pour suggérer fortement d’évacuer les lieux aux résidants de quelque 230 maisons jugées «vulnérables».

Amanda Andrews a passé une bonne partie de son après-midi, mercredi, dans les eaux glaciales qui ont envahi le sous-sol de la maison de ses parents à Grand Bay-Westfield.

«C’est le niveau d’eau le plus élevé qu’on a vu, a-t-elle témoigné. En 2008, l’eau est montée jusqu’aux marches à l’avant, mais on est déjà trois ou quatre pieds plus haut.»

«Mon coeur fait mal», dit-elle en regardant les vagues lécher le bas des murs extérieurs des maisons voisines.

Au bout de la rue, des gens s’affairent à remplir des sacs de sable. L’un des hommes, John Cormier, avoue ne pas savoir si les sacs vont suffire.

«Tout va être inondé, croit-il. Il y a énormément d’eau et la situation semble s’aggraver.»

Le premier ministre Brian Gallant a déjà indiqué avoir fait appel au premier ministre du Canada Justin Trudeau afin d’obtenir le soutien du fonds d’urgence fédéral.

Selon M. Gallant, Justin Trudeau a offert l’aide des Forces armées canadiennes en cas de besoin.

«Nous sommes toujours prêts si on a besoin de nous», a confirmé le ministre de la Défense Harjit Sajjan qui dit attendre une demande officielle du Nouveau-Brunswick.