Les eaux commencent à se retirer au N.-B., mais la prudence est de mise

SAINT-JEAN, N.-B. — Même si les inondations historiques qui frappent ce printemps le Nouveau-Brunswick semblent maintenant avoir atteint leur maximum, et que les eaux commencent à se retirer à certains endroits, les autorités incitent les citoyens à la prudence.

La menace n’est pas finie, a prévenu Greg MacCallum, directeur de l’Organisation des mesures d’urgence du Nouveau-Brunswick, en conférence de presse, mardi.

M. MacCallum a ajouté qu’il ne fallait pas baisser la garde, rappelant que certains endroits étaient encore dans une situation d’état d’urgence.

Il dit comprendre l’impatience de certains citoyens, mais il les a invités à être vigilants.

Les effets de ces crues historiques pourraient se faire ressentir encore pendant des semaines, voire des mois.

D’abord, il faudra encore quelques jours avant que les centaines d’évacués puissent regagner leur résidence en toute sécurité, même si la météo semble collaborer, a signalé Geoffrey Downey, porte-parole de l’Organisation des mesures d’urgence.

Plus de 80 routes sont toujours inondées et certains ponts sont impraticables, alors que l’autoroute Transcanadienne demeure fermée entre Fredericton et Moncton. La municipalité de Chipman est isolée par voie terrestre, mais des équipes tentent toujours de rehausser une route afin de permettre l’accès des véhicules d’urgence, a indiqué M. Downey. Plusieurs routes seront par ailleurs instables et dangereuses même après le retrait des eaux, rappelle le porte-parole.

M. Downey répète que les citoyens devraient éviter de se trouver sur l’eau. Les crues contiennent des eaux d’égout brutes et de l’huile à moteur, des animaux s’y sont probablement noyés, et on a signalé des réservoirs de gaz propane à la dérive, explique le porte-parole.

Les résidants qui nettoient des endroits contaminés devraient porter des gants, des masques et laver leurs mains régulièrement, a indiqué la médecin-hygiéniste en chef, Jennifer Russell.

Geoffrey Downey a précisé mardi que le niveau du fleuve Saint-Jean avait baissé depuis lundi d’environ 30 centimètres à Fredericton et de 10 centimètres à Saint-Jean.

Selon l’Organisation des mesures d’urgence, le fleuve pourrait redescendre sous le niveau d’inondation à Saint-Jean d’ici samedi, mais les évacués ne devraient pas pouvoir rentrer chez eux dans des secteurs en amont, comme autour du lac Grand et à Jemseg. À Saint-Jean, à l’embouchure du fleuve, les eaux dépassent toujours le niveau d’inondation mais ont commencé à se retirer, se réjouit M. Downey.

L’Organisation des mesures d’urgence rappelle que les résidants qui ont été inondés au début de cette crue printanière devront attendre plus longtemps que les autres avant de rentrer chez eux.

Environ 1275 personnes ont signalé à la Croix-Rouge qu’elles quittaient leur domicile, mais d’autres ont pu partir sans prévenir les autorités.

Par ailleurs, le gouvernement a indiqué mardi qu’il songeait à offrir des compensations aux propriétaires de chalets ou de roulottes, qui ne sont pas couverts par le programme d’aide financière annoncé la semaine dernière.

La Croix-Rouge a lancé une campagne de financement destinée spécifiquement aux victimes des inondations.