Les itinérants atteints de la COVID-19 seront isolés au Royal Victoria

MONTRÉAL — Les itinérants qui sont atteints de la COVID-19 ou qui sont en attente du résultat seront hébergés dans l’ancien hôpital Royal Victoria, a annoncé la direction de la Santé publique de Montréal, vendredi.

Dès la semaine prochaine, «l’unité de débordement, qui est présentement située au Royal Victoria, verra sa mission transformée en une unité d’isolement» pour les itinérants, a annoncé Julie Grenier, la Directrice adjointe aux partenariats du CIUSSS Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal.

Les itinérants qui fréquentent l’unité de débordement seront déplacés vers un autre refuge, a-t-elle précisé.

La situation est évolutive, a décrit Mme Grenier. Cinquante places seront ouvertes dans un premier temps, mais il n’est pas exclu que ce chiffre soit multiplié.

Chaque itinérant aura sa chambre individuelle et toutes les recommandations ministérielles seront suivies pour une personne atteinte.

Prenant la parole lors de la conférence de presse, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a insisté sur le fait que les itinérants constituent une «communauté particulièrement vulnérable».

La mairesse a aussi indiqué que des «îlots sanitaires» composés de toilettes chimiques et de lave-mains seront déployés au centre-ville et à d’autres endroits si nécessaire. Six de ces installations ont été déployées et la Ville de Montréal vise à ce qu’il y en ait une quarantaine.

Le travail effectué par le personnel et les bénévoles des refuges pour sans-abri seront considérés comme des emplois essentiels par le gouvernement du Québec, a également annoncé la mairesse. Concrètement, ceux-ci pourront bénéficier des services de garde d’urgence déployés depuis lundi.

À la Mission Old Brewery, on se réjouit de l’annonce d’une unité de traitement dédiée. «Les demandes ont été entendues», a résumé Émilie Fortier, directrice des services d’hébergement d’urgence et d’accompagnement de l’organisme en entrevue avec La Presse canadienne.

Elle souhaite maintenant «un déploiement plus important» de la santé publique sur le terrain afin de cibler les itinérants qui sont vulnérables et qui présentent des symptômes, mais aussi pour rassurer les équipes qui, elles aussi, vivent de l’anxiété.

Mme Fortier a expliqué qu’il est difficile pour les équipes sur le terrain de déterminer si un itinérant présente vraiment les symptômes de la COVID-19.

«Des gens qui toussent dans des refuges ou dans la rue sont nombreux, a-t-elle expliqué. Ils viennent de passer à travers d’un hiver. Les problèmes de santé sont exacerbés par leur situation d’itinérance. (…) Les prochains jours seront cruciaux pour ces personnes-là.»

Cette situation crée même des tensions entre les personnes qui peuvent paraître symptomatiques et les gens qui veulent se protéger, a-t-elle noté.

Pour le moment, les intervenants font principalement de la prévention en insistant sur l’importance de la distanciation sociale et du lavage des mains. Et ils remarquent que la réaction est très bonne.

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