Les jardins zoologiques du pays souffrent des impacts de la COVID-19

La semaine dernière, la fille de 10 ans de Paul Goulet a manifesté son inquiétude envers son père.

«C’est comme s’il était avec nous, mais il n’est pas vraiment là», a-t-elle dit à la femme de M. Goulet.

Cela a ébranlé l’homme, propriétaire du Little Ray’s Nature Centre, un zoo et une organisation de sauvetage des animaux ayant des bureaux à Hamilton et à Ottawa.

Habituellement un éternel optimiste, M. Goulet a expliqué que la pandémie tuait son entreprise et l’épuisait.

Il a réduit les coûts là où il le pouvait, mais la grande majorité d’entre eux sont fixes — les serpents, les paresseux et les tortues doivent encore manger.

Les revenus bruts sont en baisse de 94 %, a-t-il déclaré, en raison des fermetures forcées et des limites de capacité pendant la pandémie, et il a contracté des prêts totalisant plus de 900 000 $ pour pouvoir payer les factures.

«J’ai été poussé à mon point de rupture absolu», a-t-il confié.

D’autres zoos et aquariums à travers le pays disent qu’ils ont également atteint ce point de rupture.

Jim Facette, le directeur général de l’Association des zoos et aquariums du Canada, a déclaré que les institutions de tout le pays traversaient une période difficile.

«Ils s’accrochent, mais c’est une lutte», a-t-il dit.

Il a ajouté que certaines des installations étaient admissibles au programme fédéral de subventions salariales et avaient reçu une aide, mais que d’autres n’y sont pas admissibles, y compris celles qui appartiennent à un autre ordre de gouvernement, comme le Zoo de Toronto, qui appartient à la ville de Toronto.

«Nos institutions sont uniques, vous ne pouvez pas simplement fermer les lumières, verrouiller la porte et partir», a déclaré M. Facette.

«Ce qu’ils veulent le plus, toutefois, et j’entends cela tout le temps, c’est ouvrir.»

Le zoo Cherry Brook de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, a fermé ses portes l’an dernier en grande partie en raison de la pandémie et de l’incertitude à venir, a noté M. Facette.

Les zoos ont tout un écosystème générateur de revenus qui inclut l’organisation d’événements d’entreprise, de mariages, etc., a-t-il précisé. Le Zoo de Granby, par exemple, a dû annuler plus de 30 mariages l’an dernier.

M. Facette a passé beaucoup de temps à faire pression sur divers gouvernements pendant la pandémie pour trouver comment maintenir les zoos et aquariums à flot.

«Nous devons augmenter la capacité lorsqu’ils sont ouverts, nous avons donc demandé s’ils envisageraient des tests rapides dans le cadre des stratégies de réouverture», a-t-il déclaré.

«Nous n’avons pas eu de réponse.»

Pour Dolf DeJong, PDG du Zoo de Toronto, la dernière année a été éprouvante.

L’année dernière, lorsque la Chine a imposé un confinement à Wuhan, d’où le nouveau coronavirus est originaire, le zoo avait commencé à stocker de la nourriture pour les animaux.

Le zoo a été fermé pendant deux mois au printemps lors du premier confinement, puis a pu offrir des visites au volant pendant environ un mois avant que les membres ne soient autorisés à revenir à une capacité considérablement réduite.

Ensuite, ils sont passés à un modèle de réservations à partir de juillet jusqu’à ce qu’ils reviennent aux visites au volant à la fin novembre. Ils ont de nouveau fermé leurs portes le 26 décembre lorsque la province a émis une ordonnance de maintien à domicile.

Le zoo a accueilli environ 600 000 visiteurs l’année dernière, a déclaré M. DeJong, dont environ le tiers ont effectué des visites au volant. L’été dernier, les visiteurs quotidiens ont culminé à 5000, soit la moitié de ce que le zoo avait l’habitude de voir l’été précédent.

Il a pu amasser environ 1 million $ par l’intermédiaire de son organisation à but non lucratif pour un programme appelé Zoo Food For Life, ce qui est à peu près suffisant pour couvrir le coût de la nourriture pour les 5000 animaux de l’établissement.

Janvier et février sont historiquement des mois en baisse pour le zoo, a noté M. DeJong.

«Être fermé en ce moment ne fait pas aussi mal que l’an dernier, alors que nous avons dû fermer le vendredi de la semaine de relâche», a-t-il ajouté.

«Nous sommes prudemment optimistes sur le fait que nous pourrons accueillir des visiteurs lors de la nouvelle pause d’avril, que le temps sera superbe et que nous aurons Pâques pendant cette période. Nous espérons pouvoir nous remettre des pertes du début d’année.»

M. Goulet a indiqué qu’il avait utilisé tous les programmes gouvernementaux possibles pour obtenir de l’aide, y compris les programmes de subventions salariales et de loyer, qui lui ont permis d’obtenir environ 240 000 $.

Mais il a besoin d’environ 840 000 $ pour que Little Ray’s Nature Centre puisse survivre jusqu’à la fin de cette année.

Les événements les plus lucratifs pour l’entreprise sont les festivals d’animaux qui se déroulent de janvier à avril, a-t-il précisé.

«Rien de tout cela n’a lieu», a-t-il constaté.

Les restrictions provinciales se sont quelque peu assouplies à Ottawa et à Hamilton, de sorte que Little Ray’s est maintenant autorisé à accueillir de petits groupes. Il offre également des spectacles en direct sur Zoom, mais ils ne rapportent qu’environ 5 % de l’argent que les spectacles dans les écoles et les fêtes d’anniversaire rapportaient.

«Je suis heureux que nous soyons ouverts, donc au lieu de perdre 80 000 $ par mois, nous perdons peut-être 60 000 $», a déclaré M. Goulet. «Cela réduira nos pertes, mais nous perdons toujours de l’argent à un rythme important.»

Il s’est tourné vers le public pour obtenir de l’aide avec une campagne GoFundMe qui a permis de recueillir près de 200 000 $ auprès de plus de 2000 personnes en un peu plus d’une semaine.

Ses supporters ont également organisé une collecte de bouteilles, lors de laquelle ils ont amassé quelque 200 000 bouteilles.

«Nous essayons lentement de transformer les cendres en quelque chose et ce n’est que parce que nous avons eu une tonne de soutien public», a déclaré M. Goulet.

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