Les leaders des Premières Nations discutent d’autodétermination

HALIFAX — Les leaders des Premières Nations de partout au Canada sont réunis à Halifax pour un sommet régional sur l’autonomie gouvernementale, axé sur la quête d’une reconnaissance en tant que nation pour les peuples autochtones et d’un nouveau partage des richesses.

Dans son allocution d’ouverture prononcée devant des centaines de délégués réunis dans cette région de l’Atlantique connue sous le nom de Mi’kma’ki, le chef national de l’Assemblée des Premières Nations (APN), Perry Bellegarde, a rappelé que les Autochtones doivent d’abord et avant tout exercer leur droit à l’autodétermination.

Le leader du regroupement autochtone le plus important au pays a soutenu qu’il était temps d’aller au-delà de la Loi fédérale sur les Indiens et de faire reconnaître intégralement les traités — qui devaient bénéficier aussi bien aux colons qu’aux peuples autochtones, grâce à un partage du territoire et des ressources.

M. Bellegarde a estimé que la souveraineté des Premières Nations doit inclure une «nouvelle relation financière avec la Couronne» sur les terres et les ressources, qui prévoirait que les Premières Nations obtiennent un pourcentage de la richesse, et non la charité des contribuables. La redistribution d’une part du PIB aux Premières Nations permettrait selon lui de combler l’écart béant entre la qualité de vie des peuples autochtones et celle du reste du Canada.

Le chef régional de l’APN pour la Nouvelle-Écosse et l’île de Terre-Neuve, Morley Googoo, a déclaré que les Premières Nations n’avaient jamais renoncé à leur capacité de se gouverner elles-mêmes, mais que le gouvernement fédéral continuait de faire échec aux communautés autochtones. Le chef micmac a souligné que le sommet de Halifax permettrait d’examiner différentes approches de l’autonomie gouvernementale adoptées ailleurs.

Le chef régional de l’APN pour le Nouveau-Brunswick et l’Île-du-Prince-Édouard, Roger Augustine, a qualifié ce tout premier sommet sur l’autonomie gouvernementale des Premières Nations «d’amorce à une grande chose».

Les vrais gouverneurs du pays

Ovide Mercredi, ancien chef national de l’APN, est venu dire que les communautés des Premières Nations de la région de l’Atlantique devraient négocier un nouveau traité avec le gouvernement fédéral. Ce nouveau traité «reprendrait là où les traités de paix et d’amitié nous ont laissés, parce que le seul engagement — et le dernier engagement — que vous avez pris dans l’un de ces traités était de permettre un peuplement».

«Vos ancêtres étaient les gouverneurs du pays (…) Vous n’avez jamais abandonné vos titres de propriété.»

M. Mercredi, qui a été également chef de la nation crie de Misipawistik, dans le nord du Manitoba, a ajouté qu’il fallait mettre davantage l’accent sur l’autodétermination et la souveraineté des peuples. «En ce qui concerne la reconnaissance de nos droits, l’application de nos droits dans le contexte du Canada, nous ne le faisons pas bien», croit-il.

«Nous sommes préoccupés par les problèmes de qualité de vie — et c’est normal —, mais nos dirigeants doivent également passer un certain temps (…) à militer en faveur de la reconnaissance et de la mise en oeuvre intégrale de nos droits ancestraux et de nos droits issus de traités.»

Le sommet de Halifax réunira pendant trois jours des conférenciers autochtones des quatre coins du pays.