Les libéraux et les verts au N.-B. élimineraient l’usage du glyphosate

FREDERICTON — Les libéraux et les verts au Nouveau-Brunswick promettent tous les deux d’éliminer, progressivement ou immédiatement, l’utilisation sur les terres publiques de la province du glyphosate, un herbicide industriel controversé.

À mi-chemin dans la campagne électorale, lundi, le chef libéral, Kevin Vickers, a déclaré qu’il mettrait fin graduellement, d’ici quatre ans, à l’utilisation des herbicides à base de glyphosate. Il a estimé qu’une réduction progressive donnerait à l’industrie le temps de s’adapter. Lors de son étape de campagne à Rogersville, il a précisé que cette interdiction viserait aussi des sociétés d’État comme Énergie NB.

«Nous avons écouté ces milliers de Néo-Brunswickois qui ont des préoccupations légitimes sur la pulvérisation d’herbicides contenant du glyphosate», a-t-il déclaré. M. Vickers a aussi promis qu’un gouvernement libéral s’assurerait que les revenus de la taxe fédérale sur le carbone iraient à des projets directement liés à l’amélioration de l’environnement.

Le chef progressiste-conservateur Blaine Higgs a répliqué lundi que son adversaire libéral sortait des politiques de son chapeau dans le seul but de soulever des enjeux qui pourraient être populaires auprès de l’électorat. De passage à Saint-Jean, M. Higgs a rappelé qu’un comité parlementaire se penchait déjà sur l’utilisation du glyphosate au Nouveau-Brunswick.

«Un comité multipartite a été mis en place pour en étudier les effets, à la fois positifs et négatifs», a déclaré M. Higgs aux journalistes. «Nous devons faire ce qui a du sens — et ce sera le résultat de toute information factuelle dérivée de cette évaluation.»

Les verts agiraient immédiatement

Le chef du Parti vert, David Coon, interdirait immédiatement l’utilisation d’herbicides tels que le glyphosate sur les terres de la Couronne et sous les lignes électriques d’Énergie NB. «Les gouvernements libéraux et conservateurs successifs ont eu peur de tenir tête aux grandes entreprises forestières», a soutenu M. Coon lors d’une visite à Kedgwick, dans le nord-ouest de la province.

Il a évoqué une pétition de 35 000 signatures déjà déposée à l’Assemblée législative. «Je défendrai ce que veulent les Néo-Brunswickois, a-t-il dit. Il est clair qu’il est temps d’interdire l’utilisation du glyphosate et d’autres herbicides dans nos forêts.»

M. Coon a aussi déclaré qu’il s’était déjà engagé à mettre fin à la coupe à blanc sans discernement, qui, selon lui, nuit à la faune et diminue la qualité du bois que la forêt peut produire.

Blaine Higgs a par ailleurs promis que s’il était réélu, il continuerait d’encourager la recherche et le développement de la technologie des petits réacteurs nucléaires modulaires. Il estime que le Nouveau-Brunswick doit saisir l’occasion de développer une technologie qui remettra la province et le pays sur la carte en tant que chef de file mondial en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

«Si nous pouvons développer des petits réacteurs modulaires de pointe ici même au Nouveau-Brunswick et atteindre seulement 1 % du marché canadien estimé, cela signifierait 190 millions $ en impacts annuels directs et indirects pour le Nouveau-Brunswick», a-t-il déclaré.

Plus tôt dans la campagne, le chef libéral avait lui aussi promis de soutenir le développement de ces petits réacteurs modulaires.

Le chef de l’Alliance des gens, Kris Austin, a fait campagne toute la journée dans la région de Fredericton lundi. Le chef néo-démocrate par intérim, Mackenzie Thomason, a assisté à Moncton à une manifestation appelant le «définancement» de la police.

Les élections provinciales au Nouveau-Brunswick auront lieu dans deux semaines, le lundi 14 septembre.

Laisser un commentaire
Les plus populaires