Les libéraux se prépareront à affronter Pierre Poilievre lors de leur retraite

OTTAWA — Les députés libéraux fédéraux sont réunis jusqu’à mardi dans une station balnéaire du Nouveau-Brunswick pour une séance de planification avant leur retour au parlement pour la session d’automne.

Ce retour se fera dans une Chambre des communes différente, et pas seulement parce qu’elle a désormais le roi Charles III à la tête de l’État canadien.

Les libéraux verront également de l’autre côté de l’allée un nouveau visage comme chef de «la loyale opposition de Sa Majesté».

Le député conservateur Pierre Poilievre a remporté de manière décisive la course à la direction de son parti, samedi soir, et il devrait poser le plus grand défi aux libéraux et au premier ministre Justin Trudeau depuis que les élections de 2015 les ont portés au pouvoir.

Sans l’affirmer publiquement, de nombreux libéraux sont conscients de ce défi, et répondre au style plus pompeux de M. Poilievre sera un élément clé de ce qui sera abordé à Saint-Andrews cette semaine.

Même si certains observateurs prédisaient qu’une victoire de M. Poilievre allait diviser les conservateurs, certains libéraux ont reconnu, en privé, qu’ils se préparaient à croiser le fer avec un parti conservateur uni derrière son chef.

En public, cependant, certains libéraux se réjouissent de la victoire de M. Poilievre. Ils le caractérisent comme plus polarisant, plus à droite et plus facile à peindre dans un coin partisan extrémiste que l’ancien premier ministre du Québec Jean Charest, qui a terminé loin deuxième dans la course à la chefferie.

Le député de Kingston et les Îles, Mark Gerretsen, l’un des députés libéraux les plus présents sur Twitter, a publié un emoji d’un visage souriant après l’annonce de la victoire de M. Poilievre. 

Le ministre des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc, qui est l’un des députés libéraux désignés pour assister en personne à l’événement de samedi, a lancé la première attaque quelques minutes après la proclamation du vainqueur.

Dans une déclaration écrite publiée avec la députée montréalaise Rachel Bendayan, M. LeBlanc a qualifié M. Poilievre de «téméraire» et a tenté d’attiser la division conservatrice en affirmant que même certains conservateurs qualifient les idées du nouveau chef de «très discutables» et «irresponsables».

«Qu’il s’agisse de promouvoir des cryptomonnaies volatiles afin « d’éviter l’inflation », de vouloir affaiblir le contrôle des armes à feu, de promettre de rendre de nouveau la pollution gratuite, de s’opposer aux mesures de soutien à la classe moyenne ou de permettre aux membres de son caucus de présenter des lois contre l’avortement, le nouveau chef conservateur propose des idées dangereuses qui mettraient en péril notre économie, notre santé et notre sécurité», ont soutenu les deux députés.

Environ un an s’est écoulé depuis les élections que les libéraux ont déclenchées en croyant pouvoir obtenir un mandat majoritaire. Or, le parti s’est retrouvé avec presque exactement le même résultat minoritaire qu’en 2019.

Actuellement, le gouvernement doit piloter plusieurs dossiers épineux qui peuvent donner des munitions aux oppositions, comme la gestion de la COVID-19 et l’invasion russe en Ukraine.

M. Poilievre n’aura pas peur d’accuser les libéraux de mal gérer ces dossiers – il réutilisera probablement son discours de victoire selon lequel les Canadiens ne veulent pas d’un gouvernement qui dirige leur vie, mais plutôt un gouvernement qui peut gérer les bureaux de passeports.

Le nouveau chef conservateur se concentrera intensément sur la crise du coût de la vie, à laquelle les libéraux doivent encore s’attaquer directement.

M. Trudeau devrait livrer au caucus un discours similaire à celui qu’il a prononcé devant son conseil des ministres lors de sa retraite la semaine dernière, tentant de les motiver malgré des défis massifs au pays et à l’étranger.

Mais il utilisera également ses remarques pour rendre hommage à la défunte reine Élisabeth II, qu’il connaissait depuis l’enfance.

Les libéraux ont brièvement envisagé d’annuler la retraite, mais ils vont finalement de l’avant. Le ton promet toutefois d’être plus sérieux et axé sur les réflexions.

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