Les libéraux souhaitent une prolongation d’un an des travaux parlementaires hybrides

OTTAWA — Les libéraux de Justin Trudeau souhaitent prolonger d’un an les dispositions permettant un fonctionnement hybride de la Chambre des communes etpourront compter sur l’appui des néo-démocrates malgré la vive opposition des conservateurs.

Le leader parlementaire du gouvernement, Mark Holland, a indiqué lundi qu’il présenterait une motion sur la prolongation souhaitée. Il a affirmé s’être engagé auprès de ses homologues des partis d’opposition à assurer une présence en personne de représentants du gouvernement durant la période des questions.

«La pandémie continue. La semaine dernière, juste dans notre parti, il y avait cinq députés qui avaient le virus de la COVID-19», a-t-il dit en point de presse, ne manquant pas de mentionner que le premier ministre, faisant partie du lot, a participé aux travaux parlementaires virtuellement.

M. Holland a ajouté, du même souffle, avoir fait la promesse que toute réponse à un élu donnée par le gouvernement durant la période des questions le serait en personne. Il a préciséque des exceptions seraient prévues, si, par exemple, un nouveau variant préoccupant de la COVID-19 entraîne une détérioration de la situation sanitaire.

«J’ai été dans l’opposition pendant longtemps. Je comprends très bien que la reddition de comptes est essentielle», a-t-il soutenu.

La proposition libérale n’atteint toutefois pas cet objectif aux yeux des conservateurs.

«Quand les libéraux parlent d’un Parlement hybride, ce dont ils parlent réellement est de mettre en place un Parlement qui offre moins d’imputabilité», a lancé leur leader parlementaire, John Brassard.

Selon lui, l’application électronique qui permet aux élus de voter à distance est défaillante et les Communes devraient fonctionner à 100 % en présentiel comme d’autres législatures ainsi que, de façon plus générale, bien des lieux de travail.

Quoi qu’il en soit, le leader parlementaire néo-démocrate, Peter Julian, a fait savoir que sa formation politique appuyait les libéraux dans leur démarche.

Il a fait valoir que le fait que les députés qui contractent la COVID-19 puissent participer aux débats et voter à distance assure le maintien de la représentation des commettants de leur circonscription.

«Je ne comprends pas comment les conservateurs peuvent dire qu’on serait plus redevables (avec) beaucoup de députés qui ne pourraient pas participer du tout, soit parce qu’ils sont malades ou qu’ils ont des affaires urgentes dans leur comté», a commenté M. Julian.

Le Bloc québécois n’a pas encore indiqué, de son côté, s’il comptait appuyer la proposition libérale. Le leader parlementaire Alain Therrien a soutenu que cela n’était «pas exclu».

«On veut, le plus possible, restreindre l’utilisation du virtuel parce qu’il ne faut pas que ça devienne une norme», a-t-il affirmé.

M. Therrien estime qu’il serait plus approprié d’attendre l’automne pour décider de la formule à adopter puisque cela donnerait «près de trois mois de plus pour colliger (des) informations».

Le leader du gouvernement a expliqué que, durant la période d’un an, l’idée préconisée est de laisser aux membres du Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre le temps de faire l’analyse de ce qui est efficace – ou non – dans le mode de fonctionnement hybride.

«Peut-être que ça va prendre six mois ou huit mois. Je n’ai aucune idée parce que le comité du Parlement n’avait pas l’opportunité de commencer son travail.»

M. Holland a signalé qu’il s’attendait à ce que le débat sur sa motion ait lieu mercredi.

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