Deux fois moins de vaccins Moderna en avril, mais plus de Pfizer d’ici juillet

OTTAWA — Justin Trudeau a déclaré vendredi que Pfizer-BioNTech livrerait bientôt plus de vaccins que ce qui était prévu jusqu’au mois de juillet.

Le premier ministre a annoncé la signature d’un contrat avec Pfizer pour huit millions de doses supplémentaires de ce vaccin. Quelques heures plus tôt, le gouvernement déclarait toutefois que les livraisons du vaccin Moderna seraient réduites de moitié pour le reste du mois d’avril.

«Le Canada a maintenant conclu une entente avec Pfizer pour obtenir 8 millions de doses supplémentaires, qui s’ajoutent à celles que nous avons déjà achetées, a indiqué M. Trudeau. Grâce à cette entente, on va recevoir 4 millions de doses supplémentaires au mois de mai, 2 millions de doses supplémentaires en juin et 2 millions de doses supplémentaires en juillet.»

«En résumé, ça veut dire qu’on va recevoir environ deux fois plus de doses du vaccin de Pfizer que prévu pour le mois de mai, et des millions de plus en juin», a ajouté le premier ministre en conférence de presse.

La ministre de l’Approvisionnement, Anita Anand, a aussi ajouté que Pfizer devançait du troisième trimestre (juillet, août, septembre) à juin 400 000 doses supplémentaires. La livraison initiale au Canada d’environ 300 000 doses du vaccin Johnson & Johnson arrivera également au cours de la semaine du 27 avril, pour distribution aux provinces au début du mois de mai, a déclaré la ministre.

L’augmentation des doses de Pfizer pourrait permettre de compenser un autre retard de production de Moderna. La ministre Anand avait en effet annoncé plus tôt vendredi que Moderna expédierait 650 000 doses seulement de son vaccin d’ici la fin du mois, plutôt que les 1,2 million attendues.

La ministre a expliqué dans un communiqué que Moderna avait informé le Canada que cette livraison limitée était due à une augmentation plus lente que prévu de la capacité de production. Moderna a également prévenu le Canada que sur les 12,3 millions de doses qui devaient être livrées au deuxième trimestre, un à deux millions de doses pourraient être retardées jusqu’au troisième trimestre.

Moderna a indiqué qu’il y avait eu un «déficit» des doses estimées de la chaîne d’approvisionnement européenne et qu’il «apporterait des ajustements» aux livraisons prévues dans un certain nombre de pays, dont le Canada.

L’AMC sonne l’alarme

Plus tôt vendredi, l’Association médicale canadienne (AMC) avait réclamé «des mesures sans précédent pour répondre à la crise qui se développe dans plusieurs provinces.»

Elle a notamment recommandé le partage des «ressources sanitaires au-delà des frontières provinciales et territoriales afin d’aider les endroits où les unités de soins intensifs ont atteint un niveau de crise et où la capacité de soins est dépassée».

L’AMC a exhorté le gouvernement à changer l’ordre de priorité de la distribution des vaccins pour se concentrer sur les endroits où le besoin est urgent, au lieu de l’approche par habitant, utilisée jusqu’à maintenant.

Selon le ministre fédéral des Affaires intergouvernementales, Dominic Leblanc, il faudrait un consensus des premiers ministres des provinces et des territoires pour changer la formule du partage des vaccins. «Ces conversations sont en train de se faire, mais je ne pense pas que nous sommes à la veille d’avoir un consensus [là-dessus]».

Selon la présidente de l’association, Ann Collins, le Canada est arrivé «à un point critique» de cette pandémie. «Une véritable approche nationale pour lutter contre la COVID-19 sera déterminante quant au nombre de vies sauvées», a-t-elle souligné.

L’AMC croit également que les autorités devront aussi envisager d’adopter de nouvelles mesures de restriction afin d’empêcher la maladie de se transmettre au même rythme qu’en Ontario et au Québec.

M. Leblanc a indiqué que le gouvernement fédéral n’avait pas l’intention d’invoquer la Loi sur les mesures d’urgence pour changer la stratégie de la lutte contre la COVID-19, disant que beaucoup de choses pouvaient être réalisées sans en arriver là. «Le conseil des ministres n’est pas du tout en train de considérer cette question pour le moment et les premiers ministres ne nous ont pas demandé d’invoquer cette mesure juridique», a-t-il déclaré.

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