Les livreurs de Foodora en Ontario peuvent se syndiquer

TORONTO — La Commission des relations de travail de l’Ontario a statué que les livreurs de Foodora sont des entrepreneurs dépendants de l’entreprise de livraison de nourriture, levant ainsi un obstacle à la syndicalisation potentielle et créant un précédent majeur pour les autres travailleurs de l’économie de partage.

Les livreurs de Foodora ont tenu un vote en août dernier sur l’occasion de se joindre au Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP), mais les résultats ont été scellés en attendant les contestations concernant le statut d’emploi des coursiers et leur admissibilité à se syndiquer.

Dans sa décision rendue mardi, la Commission a déterminé que les livreurs s’apparentaient davantage à des employés qu’à des entrepreneurs indépendants.

Les livreurs sont sélectionnés par Foodora et tenus de livrer de la nourriture selon les termes et conditions déterminés par l’entreprise conformément aux normes de Foodora, a indiqué le vice-président de la Commission, Matthew Wilson, dans la décision.

Désigner les livreurs comme entrepreneurs dépendants leur donne le droit de s’organiser et de se syndiquer et ouvre la voie à d’autres travailleurs de l’économie des «petits boulots», a déclaré Jan Simpson, présidente nationale du STTP dans un communiqué.

«Cette décision prouve que le vent est en train de tourner en faveur des milliers de travailleurs et travailleuses de l’économie des petits boulots en Ontario, et d’ici peu, ces gens auront le droit de se syndiquer», a-t-elle poursuivi.

Ivan Ostos, un livreur de Foodora, est cité dans le communiqué, disant avoir travaillé pour une éventuelle syndicalisation afin d’obtenir le respect et les droits qui doivent revenir aux travailleurs.

«Cette victoire n’appartient pas qu’à nous. Elle appartient aussi aux nombreux travailleurs et travailleuses qui sont aux prises avec des conditions de travail les mettant en danger et les jetant dans la précarité, qui n’ont aucune sécurité d’emploi ni aucune voix au chapitre des conditions de travail, bref qui ont besoin d’un syndicat», a-t-il argué.

Cependant, les résultats du vote du mois d’août dernier ne seront toujours pas connus tant que les questions d’admissibilité ne seront pas réglées.

Foodora Canada, une filiale de Delivery Hero, établie à Berlin, a déclaré dans un communiqué que rien ne changeait au sein de l’entreprise pour le moment.

«Tant que la liste n’aura pas été confirmée et que les votes pour la demande de syndicalisation ne seront pas comptés, nous ne pouvons pas spéculer pour le moment sur la question de savoir si le vote va pencher en faveur du STTP et ce que cela pourrait signifier pour notre entreprise.»