Les lockoutés d’ABI au bureau de François Legault et du ministre du Travail

MONTRÉAL — Les 1030 lockoutés d’ABI ont beau avoir reçu une réponse négative de la direction à leur proposition d’arbitrage, ils n’ont pas pour autant baissé les bras. Ils repartent le bal des manifestations devant les décideurs politiques.

Vendredi, ils partiront de Trois-Rivières pour se rendre au bureau de circonscription du premier ministre François Legault dans L’Assomption. Ensuite, ils se rendront devant les bureaux de circonscription du député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, et du ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet.

Samedi dernier, lors d’une assemblée générale, les syndiqués de l’Aluminerie de Bécancour ont mandaté leur syndicat pour proposer à la direction de soumettre le litige à l’arbitrage accéléré.

«On a fait la demande officiellement en début de semaine à l’employeur, avec copie au ministère du Travail», a précisé jeudi en entrevue Clément Masse, président de la section locale 9700 du syndicat des Métallos, affilié à la FTQ.

Mais la direction d’ABI avait d’avance fait savoir qu’elle n’était pas intéressée. «L’arbitrage ne sécurisera pas l’avenir d’ABI. Les processus alternatifs ne sont pas les solutions appropriées pour résoudre le conflit», avait-elle répliqué.

Loin d’être démontés par le refus de la direction, les syndiqués ont décidé de réaligner leur tir vers les décideurs politiques.

Hydro-Québec a récemment admis qu’elle avait subi un manque à gagner de 165 millions $ à cause du lockout chez ABI, puisque l’aluminerie n’a pas consommé la totalité du bloc d’électricité qu’Hydro devait lui réserver, en vertu du contrat qui lie les parties.

«C’est tous les Québécois qui sont affectés par la perte des revenus d’Hydro-Québec. C’est sûr que ça déséquilibre le rapport de forces. Et ça, c’est le gouvernement qui est responsable de ce déséquilibre-là. C’est à ça qu’on veut s’attaquer maintenant», s’est exclamé M. Masse.

Que Legault intervienne

«On veut s’attaquer à monsieur Legault, on veut lui demander qu’il assume les promesses qu’il nous a faites en campagne électorale, en disant que « des contrats, ça se renégocie » et que ça manquait de leadership du côté des libéraux (lorsque M. Legault était dans l’opposition). Et il était prêt à intervenir rapidement dans le dossier», rapporte M. Masse.

Les lockoutés demandent donc au premier ministre Legault d’intervenir dans le dossier. «On demande à monsieur Legault de remplir ses promesses, d’intervenir personnellement, de mettre de la pression sur l’employeur, d’utiliser tous les moyens qu’il a en son pouvoir pour ramener cet employeur-là à négocier de bonne foi à la table de négociation», a plaidé M. Masse.

Les 1030 membres du syndicat des Métallos-FTQ ont été mis en lockout par la direction d’ABI le 11 janvier 2018.