Les maisons des jeunes peinent à fonctionner et réclament un meilleur financement

MONTRÉAL — C’est lundi que débute la Semaine des maisons des jeunes, sous le thème des douze travaux d’Astérix.

Cet imaginaire n’a pas été choisi au hasard par le Regroupement des maisons des jeunes du Québec (RMDJQ), qui espère attirer l’attention sur les difficultés auxquelles ses membres se butent.

Parmi les douze travaux des maisons des jeunes, le RMDJQ compte «déployer le plein potentiel des ados tout en recevant seulement le 1/3 du budget de base nécessaire à leur survie». Il estime que ses 219 membres auraient besoin d’un total de 60 millions $ pour continuer leurs activités.

«Nous sommes un peu sur le bord du précipice», déclare son directeur général, Nicholas Legault, en entrevue téléphonique. «Plus de 45 % de nos maisons des jeunes ont dû fermer leur porte ou réduire leurs services dans la dernière année».

La rétention du personnel est une autre tâche herculéenne, si l’on en croit les chiffres du regroupement. Celui-ci estime en effet que 37 % des intervenants ont quitté le milieu en 2021, à cause notamment de salaires trop bas. «Nous sommes en compétition avec le réseau de la santé, le réseau public, les écoles», déplore M. Legault. Avec un salaire de «16 ou 17 $ de l’heure», l’herbe est souvent plus verte ailleurs.

Prévenir et guérir

Les maisons des jeunes, c’est «la porte d’entrée pour les jeunes en matière de prévention, d’intervention», fait valoir M. Legault. Elles offrent aux adolescents de 12 à 17 ans un milieu de vie où socialiser et faire une panoplie d’activités, «mais ce n’est qu’un prétexte pour entrer en contact» et créer des liens avec les animateurs, dit-il.

Il y a aussi des ateliers de sensibilisation, par exemple sur l’éducation sexuelle, les relations saines ou le fonctionnement du système électoral ainsi que des projets qui permettent de «responsabiliser» les adolescents et de développer leur autonomie.

L’animateur et comédien Pascal Morrissette est porte-parole du RMDJQ depuis six ans. Ayant lui-même fréquenté sa maison des jeunes locale lors de son adolescence, il insiste sur l’importance de celles-ci. 

«Pour tellement d’ados, la MDJ, c’est comme une deuxième maison! Après tout ce que les jeunes ont traversé pendant la pandémie, ils méritent que l’on fasse tout en notre pouvoir pour soutenir ces lieux qui leur sont si chers. Moi, je suis prêt à tout pour nos ados. Il est temps qu’il en soit de même aussi pour nos décideurs», déclare-t-il dans un communiqué de presse.

À l’occasion de la Semaine, les maisons des jeunes invitent la population à participer à douze défis, certains ludiques (comme camper dans son salon) et d’autres militants (comme partager sur les réseaux sociaux les raisons pourquoi on pense que les MDJ sont importantes).

Le cabinet du ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, n’a pas immédiatement répondu aux demandes de La Presse Canadienne.

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