Les manifestants à Saint-Lambert ont quitté la voie ferrée

Des policiers patrouillent régulièrement près du blocus, mais il n’y avait aucun signe d’une mobilisation vendredi pour déloger les manifestants qui bloquent les voies du CN depuis mercredi.

SAINT-LAMBERT, Qc — Les militants ont quitté la voie ferrée à Saint-Lambert, en Montérégie.

Plus tôt en soirée, ils avaient commencé à démonter leur campement, mais la tension était montée d’un cran à l’arrivée de nouveaux manifestants venus les appuyer près du périmètre policier en chantant des slogans hostiles aux forces de l’ordre.

Plus d’une cinquantaine de manifestants se sont rassemblés vers 21h à proximité du barrage ferroviaire pour appuyer les militants qui campaient sur place depuis mercredi. Il y a eu de l’animosité avec les policiers présents quand certains manifestants ont tenté de franchir le périmètre, puis des dizaines d’agents se sont déplacés pour venir surveiller la foule.

Le blocage est désormais levé, mais le signal d’une mobilisation policière pour déloger les militants était intervenu en après-midi, peu de temps après que le premier ministre fédéral Justin Trudeau eut appelé au démantèlement du blocus ferroviaire.

«À tous ceux et celles qui ont à coeur les souverainetés autochtones ancestrales, il faut agir maintenant. Répondez à l’appel des chefs héréditaires. Bloquez par tous les moyens ponts, ports, routes et rails», ont déclaré les militants, dans un point de presse vers 22h, avant de quitter la voie ferrée.

«Peu importe si la police coloniale déloge avec violence et mépris cette barricade, d’autres surgiront», ont-ils ajouté.

Vers 22h, les deux groupes, les occupants et les manifestants qui s’étaient déplacés pour les appuyer se sont dispersés dans les rues de Saint-Lambert en empruntant des chemins différents.

Quelques minutes plus tard, une tractopelle a ramassé les derniers vestiges du campement.

Le Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) a indiqué que les manifestants ont quitté les lieux, «pacifiquement».

«(Le SPAL), qui agissait en soutien au service de police du CN, désire aviser la population que ses policiers ont obtenu la collaboration des manifestants présents sur la voie ferrée de Saint-Lambert», a affirmé le corps policier sur les réseaux sociaux.

En collaboration avec le CN, les employés de la Ville de Saint-Lambert procèdent au nettoyage du site afin de permettre la reprise du service de transport ferroviaire, a ajouté le SPAL.

Les militants avaient commencé à plier bagage en début de soirée, face à un important déploiement de policiers antiémeutes. Ils transportaient du matériel tels que des sacs de couchage, des chaudrons, des bombonnes de propane et un poêle à bois jusqu’à la limite du périmètre érigé par le Service de police de l’agglomération de Longueuil.

La situation s’est toutefois tendue un moment quand des dizaines de nouveaux venus sont arrivés près du périmètre en chantant des slogans tels que «Tout le monde déteste la police!».

Des militants à la barricade, à environ 150 mètres plus loin, répondaient à leur tour à leurs sympathisants avec des slogans.

La Presse canadienne a pu observer au cours de la soirée une communication constante entre militants et certains policiers, mais le SPAL n’a pas voulu confirmer la teneur des communications et s’il s’agissait de négociations.

Plus tôt vendredi, en conférence de presse à Ottawa, M. Trudeau avait demandé à ce que les injonctions soient respectées, sans toutefois préciser quand ni comment. Il disait s’en remettre au professionnalisme des forces policières qui auraient à décider si elles interviennent et à quel moment.

Le premier ministre du Québec, François Legault, a réagi sur Twitter. «À la suite de la déclaration du premier ministre du Canada, je réaffirme que les barricades doivent être levées, mais les actions doivent être coordonnées par le gouvernement fédéral avec chacune des provinces», a-t-il écrit.

Le Canadien National (CN) avait obtenu mercredi une injonction du tribunal pour mettre fin aux barricades. Un huissier, entouré de policiers, en a remis des copies aux manifestants qui occupaient les lieux jeudi soir à Saint-Lambert.

«Je considère comme une victoire le fait d’avoir réussi à rester pendant trois jours et d’avoir vraiment réussi à stimuler le débat», a fait valoir un manifestant ayant participé au blocus.

«Il y a un certain repli ici, mais je garde bon espoir, a-t-il ajouté. On espère que ça continue pour amener dans le débat public cette question-là autour de la souveraineté autochtone et du droit de refuser des projets de carburants fossiles.»

Un nouveau barrage a d’ailleurs été érigé en début d’après-midi sur une voie du Canadien National à L’Isle-Verte, dans le Bas-Saint-Laurent. La Sûreté du Québec dit être «au courant de la situation», en cours depuis 13h30.

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