Les manifestations contre la brutalité policière atteignent leur point culminant

WASHINGTON — Les manifestations aux États-Unis contre la brutalité policière ont atteint leur point culminant samedi après une semaine de rassemblements, le chaos cédant la place aux démonstrations largement pacifiques. Les organisateurs espèrent que cela permettra au mouvement de ne pas s’estomper.

La plupart des manifestations de samedi avaient une allure festive et peu d’incidents ont été rapportés. Des dizaines de milliers de personnes, si ce n’est des centaines de milliers de personnes, ont défilé dans les rues d’un bout à l’autre du pays.

Les manifestants réclamaient des changements fondamentaux, tandis qu’en Caroline du Nord, plusieurs personnes ont patienté pendant des heures pour jeter un coup d’oeil sur le cercueil doré transportant la dépouille de George Floyd, originaire de cet État américain, cet homme noir dont la mort lors d’une intervention policière à Minneapolis a donné un souffle sans précédent au mouvement qui dénonce la discrimination raciale aux États-Unis.

La plus grande manifestation depuis la mort de George Floyd le 25 mai dernier s’est déroulée à Washington, où l’ampleur de la foule a forcé la fermeture des rues à la circulation automobile et des intersections se sont transformées en pistes de danse.

«Black Lives Matter» (la vie des Noirs compte) — a été peint en lettres majuscules jaunes, d’un trottoir à l’autre, sur l’asphalte noir de la 16e rue de Washington.

Ailleurs aux États-Unis, des manifestants se sont rassemblés sur le pont Golden Gate Bridge à San Francisco et à Manhattan où les policiers de New York avaient assoupli l’application d’un couvre-feu qui avait mené à des confrontations dans les jours précédents. Des marches se sont aussi déroulées sur les boulevards d’Hollywood et dans les rues de Nashville, au Tennessee.

Plusieurs manifestants portaient des masques, rappelant du coup le danger de propager le nouveau coronavirus dans ce contexte de pandémie.

À Seattle, des travailleurs de la santé, vêtus de leur sarrau ou de leur uniforme de travail, ont marché jusqu’à l’hôtel de ville avec des pancartes sur lesquelles on pouvait lire notamment «La violence policière et le racisme sont une urgence de santé publique».

Dans le centre-ville d’Atlanta, des gens jouaient de la musique et des manifestants ont admis protester ainsi pour la première fois dans la rue.

Dans la ville de Raeford, en Caroline du Nord, près du lieu de naissance à George Floyd, les gens ont fait la file à l’extérieur de l’église baptiste Free Will Baptist church, pour assister, en petits groupes, à un service commémoratif. Une immense photo de George Floyd était affichée devant la chapelle.

Sa dépouille sera transportée jusqu’à Houston, où George Floyd a habité avant de s’établir à Minneapolis, où auront lieu d’autres services commémoratifs dans les prochains jours.