Les médecins du Canada ressentent de la fatigue, selon un sondage de l’AMC

Certains médecins du Canada ressentent des niveaux élevés de fatigue et d’anxiété un an après le début de la pandémie de COVID-19, selon une nouvelle enquête de l’Association médicale canadienne (AMC), et l’inquiétude concernant le déploiement des vaccins dans le pays a été indiquée comme l’une des principales raisons.

L’enquête de l’AMC, menée auprès de 1648 médecins en exercice qui ont répondu entre le 18 et le 22 février, a révélé que 69 % avaient ressenti une augmentation de leur fatigue au cours de la dernière année, et que 65 % souffraient d’anxiété relativement à la pandémie.

Les résultats de l’enquête ont été publiés mercredi, marquant près d’un an depuis que l’Organisation mondiale de la santé a qualifié la crise de la COVID-19 de pandémie mondiale, le 11 mars 2020.

Les répondants au sondage ont indiqué que la durée plus longue des restrictions sociales (64 %), l’incertitude persistante quant à l’avenir (63 %) et les préoccupations concernant le déploiement des vaccins au Canada (62 %) contribuaient négativement à leur santé mentale.

L’enquête révèle que 81 % des personnes interrogées ont déclaré qu’une stratégie efficace de distribution de vaccins serait la principale priorité pour répondre à la pandémie. Plus de la moitié des répondants ont donné de mauvaises notes au déploiement, tel qu’il était effectué au moment où le sondage a eu lieu il y a quelques semaines.

Le déploiement des vaccins au Canada a stagné pendant le mois de février, des retards d’expédition ayant affecté l’approvisionnement des produits de Pfizer-BioNTech et de Moderna. Le déploiement s’est accéléré au cours des dernières semaines avec le rétablissement de l’approvisionnement, mais le Canada est toujours en retard sur plusieurs pays en ce qui concerne les doses administrées par habitant.

Quatre-vingt-treize pour cent des médecins interrogés par l’AMC ont déclaré que l’approvisionnement en vaccins était le principal défi du déploiement du vaccin. Une orientation claire sur les groupes prioritaires (52 %) et la participation des médecins dans la distribution et l’administration des vaccins (39 %) ont également été mentionnés.

L’enquête de l’AMC a aussi exploré la gestion de la pandémie par les gouvernements, plus de la moitié des répondants ayant donné une mauvaise note aux gouvernements provinciaux et territoriaux pour la gestion du déploiement. Soixante et un pour cent ont estimé que la stratégie d’approvisionnement en vaccins du gouvernement fédéral était mauvaise ou très mauvaise.

La récente approbation des vaccins d’Oxford-AstraZeneca et de Johnson & Johnson devrait permettre au plan d’inoculation du Canada de s’étendre davantage au cours des prochaines semaines.

Un peu plus de 5,1 % des résidants canadiens avaient reçu au moins une dose d’un vaccin contre la COVID-19, mardi après-midi.

«Le déploiement des vaccins représente la lumière au bout du tunnel pour la population canadienne. C’est aussi vrai pour les médecins, dont la santé mentale a été mise à mal par la pandémie», a déclaré la présidente de l’AMC, la Dre Ann Collins, dans un communiqué. «Malgré les efforts héroïques et les conseils de nos collègues de la santé publique et des travailleurs de la santé, le déploiement connaît des débuts difficiles. Nous ne pouvons pas nous permettre d’échouer.»

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