Les membres non évacués de la Première Nation Neskantaga veillent sur les lieux

Les membres non évacués de la Première Nation Neskantaga, dans le nord-ouest de l’Ontario, veillent sur les lieux en l’absence de leurs proches forcés de quitter la communauté en raison d’une contamination de l’approvisionnement en eau.

Dimanche, les habitants demeurés sur place devaient lutter contre le froid et la difficulté émotive d’être séparés de leur communauté alors qu’ils s’affairaient à décharger une cargaison d’eau potable.

Kelvin Moonias a confié s’être réveillé morose sachant que ses petits enfants et d’autres membres familiers de la communauté, comme les animateurs de la radio locale et les aînés qui dirigent les prières se trouvaient à des centaines de kilomètres.

«Ce matin était différent sachant que notre monde n’est pas là», a-t-il commenté dans une vidéo transmise aux médias par l’organisme Premières Nations Matawa qui offre son assistance dans la gestion de crise.

«C’est plutôt démoralisant en ce moment. Je crois que certains commencent à le ressentir maintenant, l’absence de membres de nos familles», a poursuivi M. Moonias.

Le chef de la Première Nation Neskantaga, Chris Moonias, a décrété samedi une évacuation complète de sa communauté après que des résultats de tests eurent révélé un niveau élevé d’hydrocarbures dans le système d’approvisionnement en eau.

Cette décision survient alors qu’environ 230 habitants, principalement des gens considérés plus vulnérables, avaient déjà été évacués vers Thunder Bay, à quelque 430 kilomètres de chez eux.

La population sur le territoire de Neskantaga compte environ 460 personnes. Cette communauté vit sous le joug du plus long avis d’ébullition d’eau au Canada. Cet avis est en vigueur depuis 25 ans.

Toutefois, la semaine dernière, le problème a atteint un autre niveau alors que la communauté a carrément été privée d’eau potable. Les autorités ont dû couper l’approvisionnement en eau à cause de la présence d’un lustre huileux dans le réservoir.

Dans une publication sur les réseaux sociaux, le chef Moonias a précisé que les familles et les enfants avaient été évacués sur le coup de 22 h 30, samedi. Il a ajouté que quelques personnes avaient choisi de rester derrière par sens du devoir.

Dimanche, sur Twitter, le chef a dit «soutenir et respecter leur décision», qualifiant ces personnes de «vrais guerriers».

Des photos et des vidéos fournies par l’organisme Premières Nations Matawa montraient ces gens transporter des réserves d’eau dans des maisons de la communauté éloignée, où la neige recouvre déjà le sol.

Un porte-parole du ministère des Services aux Autochtones a confirmé que tous les frais encourus par l’évacuation seraient assumés par le gouvernement.

Le ministère va aussi couvrir les dépenses liées à l’approvisionnement en eau embouteillée pour ceux qui n’ont pas été évacués.

Dans une déclaration écrite, le ministère dit avoir redoublé d’efforts pour régler le problème de qualité et de quantité d’eau potable dans la communauté de la Première Nation Neskantaga de même que pour soutenir la construction d’une nouvelle usine de traitement d’eau.

Le chef Chris Moonias a fait savoir qu’il reviendrait sur le territoire de la communauté lundi en compagnie de techniciens et de représentants du ministère des Services aux Autochtones pour vérifier l’état de l’usine de traitement d’eau.

En attendant, Kelvin Moonias explique que toutes les personnes laissées derrière s’entraident pour assurer l’entretien des maisons et pour prendre soin des animaux.

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