Les mesures légales contre la COVID-19 sont resserrées en Ontario

TORONTO — L’Ontario et ses municipalités ont intensifié mercredi les mesures juridiques pour ralentir la propagation de la COVID-19, tout en augmentant la capacité des hôpitaux et la production de fournitures médicales, alors que le premier ministre Doug Ford a mis en garde contre une progression prochaine de l’éclosion.

M. Ford a souligné que des milliers de vies étaient en jeu.

«La dure vérité est qu’en ce moment, aujourd’hui, il y a très peu de différence entre ce à quoi nous allons être confrontés ici, en Ontario, et les ravages que nous avons vus en Italie et en Espagne», a-t-il affirmé.

«Les mesures que nous prenons aujourd’hui, ce que nous faisons en tant que gouvernement et en tant que peuple aujourd’hui, détermineront ce à quoi nous devrons faire face demain. Ces deux prochaines semaines seront absolument cruciales, car nous savons qu’une forte vague arrive.»

L’Ontario a signalé mercredi 426 nouveaux cas de COVID-19, dont quatre nouveaux décès. Le total dans la province est maintenant de 2392, incluant 37 décès et 689 guérisons.

Le centre de soins de longue durée Pinecrest, à Bobcaygeon, a signalé mercredi deux nouveaux décès parmi ses résidants, pour un total de 14 décès. Au moins 24 membres du personnel du centre sont aussi infectés, et le conjoint d’un résidant est également décédé.

Ces deux nouveaux décès à Pinecrest n’étaient pas inclus dans le bilan provincial dévoilé plus tôt.

Mercredi matin, un total de 332 personnes atteintes de la COVID-19 étaient hospitalisées, dont 145 aux soins intensifs. De ces derniers, 98 patients utilisaient un respirateur.

Ni M. Ford ni la ministre de la Santé, Christine Elliott, n’ont voulu donner de projections du nombre de cas ou de décès auxquels l’Ontario pourrait être confronté, affirmant qu’il existe plusieurs modèles. Le médecin-hygiéniste en chef de la province, le Dr David Williams, a indiqué qu’il espérait avoir des projections à dévoiler la semaine prochaine.

Dans une lettre qu’il a transmise mercredi aux médecins-hygiénistes locaux de la province, le Dr Williams a «recommandé fortement» qu’ils utilisent les pouvoirs conférés par la loi sur la protection et la promotion de la santé pour obliger les patients atteints de la COVID-19 et leurs proches à s’isoler.

La médecin-hygiéniste de Toronto, la Dre Eileen de Villa, a indiqué que la Ville émettrait de tels ordres à ces personnes, ainsi qu’à d’autres personnes soupçonnées d’avoir la COVID-19.

Elle a exhorté la province à réduire le nombre d’entreprises autorisées à rester ouvertes — M. Ford a affirmé qu’il ajusterait la liste des lieux de travail jeudi ou dans les prochains jours — et a fait écho à un message du Dr Williams, plus tôt cette semaine, selon lequel la population ne devrait quitter son domicile que pour des besoins essentiels.

«Je dis au public, avec la plus grande fermeté possible, de rester autant que possible à la maison et de ne sortir que pour les besoins les plus essentiels», a-t-elle déclaré.

Mme de Villa a ajouté que de telles mesures pourraient devoir être en place pendant encore 12 semaines.

Le maire de Toronto, John Tory, a indiqué que la Ville avait rédigé un règlement administratif qu’elle pourrait utiliser pour faire appliquer des mesures physiques de distanciation afin de ralentir la propagation de la COVID-19.

La province a annoncé que les personnes accusées d’avoir enfreint les ordonnances sur l’état d’urgence, telles que l’exploitation d’entreprises non essentielles et le rassemblement de groupes de plus de cinq personnes, devraient s’identifier auprès de la police ou des agents d’application des règlements.

Le non-respect des consignes entraînera une amende de 750 $, et toute mesure visant à empêcher un agent d’émettre une contravention entraînera une amende de 1000 $.

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