Les mesures sanitaires sont maintenues au moins jusqu’au 23 novembre.

QUÉBEC — Les mesures sanitaires mises en place dans les zones rouges sont là pour rester pendant encore «au moins» deux semaines, a soutenu mardi le premier ministre François Legault.

Fin octobre, il avait annoncé que les mesures sanitaires adoptées un mois plus tôt devaient être prolongées pendant un mois supplémentaire, soit jusqu’au 23 novembre. Toutefois, il avait dit qu’il ferait le point après deux semaines, au cas où on observerait une amélioration notable.

Mais cela ne s’est pas produit, a-t-il admis, en conférence de presse, observant au contraire une augmentation importante du nombre de cas d’infections dans cinq régions, où la situation est qualifiée d’inquiétante.

Ces régions sont le Saguenay-Lac-Saint-Jean, Lanaudière (surtout autour de Joliette), la Mauricie, le Centre-du-Québec et la Gaspésie.

Cela signifie qu’en zone rouge, soit la plupart des régions du Québec, incluant Québec et Montréal, les cafés, restaurants, bars, cinémas, musées, gyms et salles de spectacles notamment doivent rester fermés encore un temps.

«Malheureusement, on n’a pas réussi à réduire le nombre de nouveaux cas», a reconnu le premier ministre. 

Au contraire, depuis environ un mois, le Québec avait atteint un plateau, soit autour d’un millier de cas par jour, mais ce nombre tend à croître au lieu de diminuer depuis quelques jours. Le nombre de décès est aussi reparti à la hausse.

La baisse observée ces dernières semaines à Québec et à Montréal n’a donc pas réussi à compenser la hausse du nombre d’éclosions dans d’autres régions du Québec. 

Malgré une situation ayant empiré ces derniers jours, au total, aucune nouvelle mesure restrictive n’a été annoncée mardi. En bref, pas d’assouplissement, mais pas de renforcement non plus. 

Pour ce qui est du temps des Fêtes, qui approche, il ne faut pas s’attendre à pouvoir faire «de gros partys», a prévenu le premier ministre, ajoutant qu’il ferait tout en son pouvoir pour assouplir les directives durant cette période de l’année propice aux rassemblements.

Le premier ministre a fait miroiter que le gouvernement pourrait permettre «de plus petits partys» durant cette période, pour que les Québécois puissent célébrer Noël et le Jour de l’An avec leurs amis et les membres de leur famille, malgré la pandémie.

Mais il s’est empressé d’ajouter qu’il était trop tôt pour annoncer de tels assouplissements. Cela dépendra du degré de discipline des gens quant à l’observation des directives et de l’évolution des choses.

En constatant que le nombre de cas et de décès était à la hausse, les partis d’opposition ont allégué que le gouvernement avait perdu le contrôle de la situation, ce que le premier ministre s’est empressé de nier.

En faisant une comparaison entre la situation actuelle observée au Québec et en Ontario, M. Legault a calculé qu’il y avait «plus de cas en Ontario qu’au Québec».

De lundi à mardi, en nombres absolus, l’Ontario a rapporté 1388 nouveaux cas de COVID-19, et le Québec 1162.

Mais proportionnellement à sa population, le Québec (population de 8,5 millions) a enregistré depuis le début de la pandémie bien plus de cas et de décès qu’en Ontario, avec ses 14,7 millions d’habitants.

Mardi, l’Ontario affichait 15 nouveaux décès, le Québec, 38.

Depuis le début de la pandémie en mars, le Québec, avec une population bien inférieure,  a déploré le double de décès de l’Ontario, soit 6493, contre 3260 pour sa voisine.

Le premier ministre était accompagné du ministre de la Santé, Christian Dubé, et du directeur national de la santé publique, le Dr Horacio Arruda.  

À propos d’un vaccin contre le virus, le ministre Dubé s’est fait rassurant en disant que tout se mettait en place pour orchestrer la logistique complexe requise pour mener à bien une opération de cette envergure et faire en sorte que le Québec reçoive les millions de doses nécessaires.

«On s’est assuré avec le fédéral qu’on allait avoir notre part», a-t-il dit, sans mentionner de chiffres.

Un groupe de travail a été constitué spécifiquement pour gérer l’aspect logistique de l’opération de vaccination à venir, a dit le ministre.

Notamment, le Québec a acquis une soixantaine de congélateurs pour conserver les futures doses de vaccin. On s’attend à ce que deux doses soient requises par personne, ce qui complique encore plus l’opération.

Laisser un commentaire