Les Micmacs proposent une étude sur la santé des stocks de homard

HALIFAX — Une communauté micmaque de la Nouvelle-Écosse qui effectue une pêche autoréglementée propose une étude conjointe avec le gouvernement fédéral sur la santé des stocks de homard dans la baie Sainte-Marie.

La première nation Sipekne’katik a déclaré vendredi que le Mi’kmaw Conservation Group était disposé à faire équipe avec des biologistes fédéraux pour déterminer si des restrictions de capture sont nécessaires.

Les tensions ont augmenté au cours des dernières semaines entre les pêcheurs autochtones et non autochtones quant à l’accès à la pêche dans la baie Saint-Marie. Les pêcheurs micmacs revendiquent leur droit issu de traités de pêcher à tout moment de l’année, tandis que les pêcheurs non autochtones veulent qu’ils s’en tiennent à la saison de pêche commerciale réglementée par le gouvernement fédéral.

Le ministère fédéral des Pêches a récemment publié des chiffres pour la zone de pêche historiquement riche du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, indiquant une forte baisse des prises de homard ces dernières années. Les données indiquent que les prises de homard dans la baie sont passées de 1691 tonnes à 915 tonnes entre 2016 et 2019, soit une diminution de 46 %.

Les groupes de pêcheurs non autochtones attribuent le déclin à l’augmentation du nombre de pêcheurs autochtones et à la «pêche de subsistance modérée» récemment entreprise.

Les pêcheurs micmacs invoquent une décision de la Cour suprême de 1999 déclarant que les nations autochtones de la côte Est ont le droit de générer un «moyen de subsistance modéré» grâce à la pêche, assujettie à la réglementation fédérale.

Rhonda Knockwood, directrice des opérations de la communauté Sipekne’katik, a déclaré vendredi que le groupe estimait que davantage de données scientifiques étaient nécessaires pour déterminer l’état des stocks dans la baie. La bande est prête à limiter ses propres prises si les stocks sont en déclin, a-t-elle dit.

«Le chef et le conseil de Sipekne’katik ont convenu que toutes les conclusions d’une étude conjointe sur l’épuisement des stocks seraient prises en compte avec les ajustements de quota nécessaires», a-t-elle déclaré dans un communiqué de presse.

Mme Knockwood a indiqué que le système de quotas de homard que la bande envisage va au-delà de l’établissement de limites de casiers, en créant plutôt un système qui restreint la quantité de homards que chaque capitaine peut apporter à terre.

La communauté de Sipekne’katik autorise 11 bateaux à pêcher dans la baie, avec un maximum de 50 casiers chacun.

La pêche commerciale, quant à elle, a eu environ 90 bateaux, avec jusqu’à 400 casiers chacun, et comprend deux bateaux autorisés par la bande de Sipekne’katik et un par un membre individuel de la bande de Sipekne’katik.

Mme Knockwood a affirmé que des discussions ont eu lieu vendredi entre le chef Mike Sack et la ministre fédérale des Pêches, Bernadette Jordan, sur le thème d’une étude conjointe.

Jane Deeks, porte-parole de la ministre, a affirmé que le ministère des Pêches n’envisageait pas de créer un système de quotas pour la pêche au homard et continuerait de contrôler l’effort de pêche avec des limites de casiers et des licences.

Bruce Hatcher, titulaire de la chaire de recherche sur les écosystèmes marins à l’Université du Cap-Breton, a souligné jeudi dans une entrevue que si les homards sont abondants, ils sont également soumis à une pression de pêche croissante.

«Dans la majeure partie de la pêche côtière de la Nouvelle-Écosse, les meilleures estimations scientifiques, mais encore assez rudimentaires, indiquent que plus de 80% des homards qui atteignent la taille légale sont capturés l’année où ils atteignent la taille légale», a-t-il indiqué.

«Quand l’exploitation se situe à ce niveau… cela me préoccupe», a-t-il ajouté.

Cet article a été produit avec l’aide financière des Bourses Facebook et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

Laisser un commentaire
Les plus populaires