Les militaires n’utilisent pas l’aide psychologique, qui est à son plus bas

OTTAWA — Le plus haut dirigeant des Forces armées canadiennes a demandé aux militaires d’avoir recours aux soins psychologiques s’ils en ont besoin, car ceux-ci n’ont jamais été si peu sollicités dans l’histoire du pays.

Le chef d’état-major de toutes les forces armées canadiennes, le général Jonathan Vance, a déclaré dans une lettre ouverte que tous les militaires canadiens ont peut-être des motifs légitimes qui justifient la baisse du nombre d’appels aux services d’aide psychologique, ou encore des rencontres avec les professionnels de la santé mentale.

Il croit cependant que ceux qui ont besoin d’aide devraient le faire, étant donné la charge supplémentaire de stress et d’anxiété qui est provoquée par la pandémie du nouveau coronavirus.

La baisse du recours à l’aide psychologique chez les militaires canadiens contraste avec la hausse marquée du recours aux centres d’aide en situation de crise et aux autres organisations en santé mentale qui s’adressent à la population en général certains rapportent une hausse de 50 pour cent de l’achalandage.

L’Association canadienne pour la santé mentale a rapporté plus tôt ce mois-ci que sa section située en Nouvelle-Écosse, qui reçoit habituellement 25 appels par jour pour du soutien psychologique, enregistrait maintenant plus de 700 appels par jour de personnes qui éprouvent de la difficulté à composer avec la pandémie.

On ignore pour l’instant pourquoi les militaires ne sollicitent pas davantage les lignes d’aide et les professionnels de la santé mentale.

Les Forces armées canadiennes tentent depuis la fin de la guerre en Afghanistan d’améliorer la santé mentale de ses militaires, notamment à cause du nombre de suicides qui sont survenus parmi eux au cours des années suivantes.

Elles ont déployé une stratégie de prévention du suicide et mis en place des services d’assistance téléphonique pour les militaires et leurs familles. M. Vance a également souligné dans sa lettre que des aumôniers et des médecins sont disponibles sur les bases militaires à travers le pays.

La lettre de M. Vance a été expédiée quelques semaines seulement après que La Presse canadienne a rapporté que 20 membres des Forces armées se sont suicidés l’an dernier, soit le plus haut nombre depuis 2014.

M. Vance a exigé que la plupart des militaires se placent en quarantaine chez eux afin de s’assurer qu’ils soient en santé si les Forces armées canadiennes sont appelées en renfort pour lutter contre la pandémie ou une catastrophe naturelle. Environ 85 pour cent d’entre eux sont donc confinés à la maison.

M. Vance a aussi indiqué dans sa lettre que l’armée envisage de reprendre certains entraînements qui ont été suspendus en raison de la COVID-19, mais a laissé entendre que le retour à la normale «sera une opération longue et réfléchie, et qu’elle variera d’une région à l’autre à travers le pays».

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