Les ministres Blais et McCann interpelées par le Conseil pour la protection des malades

MONTRÉAL — Le Conseil pour la protection des malades a fait parvenir une lettre à la ministre de la Santé et des Services sociaux Danielle McCann et à la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, pour demander le respect des droits fondamentaux des résidants dans les Centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD), tout comme dans les autres établissements de soins de santé.

Dans la lettre datée du vendredi 15 mai, l’organisme indique voir reçu des centaines de plaintes de citoyens et des 200 comités d’usagers qu’il représente, dans les circonstances actuelles, faisant ainsi référence au confinement qui a été imposé aux aînés les plus vulnérables pour les protéger contre la pandémie de COVID-19.

Ces personnes réclament toutefois qu’on respecte leur droit à la liberté de mouvement, afin de pouvoir sortir d’un CHSLD avec les précautions requises et rejoindre leur famille.

Le Conseil pour la protection des malades demande aussi aux ministres McCann et Blais de s’assurer que les résidents soient nourris et hydratés convenablement, de ne pas les laisser avec une couche d’incontinence souillée durant des heures ou des jours et surtout de ne pas être abandonnés, de mourir seul.

Ces demandes auraient pu être inimaginables avant l’apparition du nouveau coronavirus, mais les deux derniers mois de pandémie ont démontré qu’il y a eu de telles situations malheureuses au Québec.

La lettre réclame aussi un environnement sécuritaire pour les proches aidants, en les soumettant aux mêmes mesures d’hygiène que le personnel soignant et en leur faisant passer un test de détection de la COVID-19.

Le Conseil pour la protection des malades souhaite enfin avoir de nouveau accès aux personnes qu’elle défend en raison de nombreuses informations sur de possibles cas de négligence et d’abus.

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Parlant de droit, droits et de « proches aidants »…

Il y a des soins qui vont avec des besoins. Du + au –

De Gatineau à Fortierville, en passant par Laval, se sont manifestées des dissensions eu égard à l’octroi d’un droit de visite aux proches aidants en CHSLD ou autres types de résidences? On appréhenderait que cela puisse amener le virus là où il n’y était point jusqu’alors?

Parallèlement ou inversement, s’en trouve, non moins nombreux, fulminant en raison de refus, pour quelque motif que ce soit, de leur requête en proche aidance auprès d’un des leurs.

Qui a « raison » ? Qui a « tort ». Tantôt les uns, plus que les autres; tantôt les autres, plus que les uns; tantôt, ni les uns ni les autres. Ce pourquoi s’impose-t-il, d’abord, de bien poser le problème.

Or, quel est L’Enjeu ? N’est-ce pas de prodiguer les meilleurs soins possibles ? Et comment, à partir de quel(s) critère(s) détermine-t-on, essentiellement, les meilleurs soins ? Suivant les besoins. Les besoins les plus importants…

Il est devenu de reconnaissance et pratique courantes chez nous de devoir dorénavant considérer comme soin de vie jusqu’à la dispensation éventuelle d’agent y mettant fin. Illustrant par là l’éminent ‘scope’ du concept de soin. Il en est de même de celui de besoin. On n’a pas besoin en effet que de — (‘continuer’ à) — vivre. On aime bien qu’il y ait vie en sa vie ou ‘raison’ de vivre (encore). Or…

Voilà ce dont on a eu écho ces derniers temps. De personnes souffrant tellement d’absence interminable insupportable de quelqu’un des leurs auprès d’elles, que soit elles vont jusqu’à s’en laisser mourir, en meurent à petit feu, ou réclament qu’on les laisse au moins ou les fasse mourir.

Si bien que, oui, la complainte ou requête de gens réclamant qu’on ne laisse entrer personne d’autre que les membres du personnel en CHSLD, afin d’éviter de risquer qu’un proche aidant n’introduise avec lui un germe de mort, s’avère on ne peut plus compréhensible. Par contre incombe-t-il, tant aux autorités qu’à la Population, de discerner le pire du ‘moins pire’.

En l’occurrence, lorsqu’on se trouve par exemple face à une résidence où il n’y a pas de « cas », où le personnel en place suffit à combler l’ensemble des besoins de l’ensemble des résidents, y compris les besoins affectifs…; eh bien, alors, la tenue à distance ou à l’écart de « proches aidants » peut certes être justifiable ou raisonnable.

Cas de figure

A contrario, advenant que soit il n’y ait pas de personnel suffisant, ni pour les besoins considérés ‘de base’, élémentaires, ni pour les ‘autres besoins’; ou que des résidents souffrent davantage d’une privation de présence de proche(s) que de leur mauvaise condition physique; en pareil cas, à l’évidence, la crainte d’un faible risque de transmission du virus par contagion d’un proche (ou) parent — (tout revêtu d’équipement de protection) — ne saurait prévaloir sur la certitude objective, concrète et criante, de maux (e.g. moraux ou psys) réellement en cours, eux, chez un ou plusieurs résidents.

À quoi s’ajoute une probable, quand ce n’est pas une certaine culpabilité, pouvant aussi rendre malade, chez les proches aidants mêmes, de n’être pas là ou de n’avoir pas été là, où il l’eût fallu, au moment où il fallait – pour un être cher.

Bref, en conclusion-résumé, il n’y a pas que la — (durée de) — vie physique en la vie. A fortiori en la vie humaine. Le sentiment s’avérant si fort en celle-ci, priver des personnes aimées souffrantes de personnes aimantes ou, corollairement, empêcher celles-ci de s’approcher de celles-là, peuvent constituer les pires-mauvais soins possibles imaginables. En vertu des plus grands besoins véritables. Sachant que… (on le sait maintenant que quelqu’une est allée le constater sur le terrain même avant de nous en faire part); – que :

« De tous les soins c’est l’amour des proches qui apaise le plus » !…

P. S. Depuis une semaine, il n’a plus été question, du tout, ni directement ni indirectement,
de proche aidance au cours des conférences de presse ayant lieu à 13 heures.

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