Les Mohawks de Kahnawake attendent un dénouement en C-B pour lever leur barricade

KAHNAWAKE, Qc — Des membres d’une communauté mohawk qui bloquent le trafic ferroviaire au sud de Montréal ont déclaré mercredi qu’ils resteront en place tant que la Gendarmerie royale du Canada ne quittera pas le territoire de la nation Wet’suwet’en dans le nord-ouest de la Colombie-Britannique.

Une douzaine de personnes se tenaient mercredi à l’endroit où la barricade est érigée à Kahnawake. La barricade comprend des drapeaux mohawks, une affiche exprimant la solidarité avec la Première Nation de la Colombie-Britannique opposée à la construction du gazoduc Coastal GasLink et une montagne de neige poussée sur la voie ferrée.

Des enfants s’amusaient sur les monticules de neige et d’autres militants sont venus s’asseoir près du feu ou refaire le plein de café et de beignes.

Des manifestants ont affirmé qu’ils pourraient rester sur place pendant des semaines ou des mois si nécessaire, soulignant qu’ils prendraient exemple sur les chefs héréditaires de Wet’suwet’en en Colombie-Britannique.

Tekarontake, un Mohawk de Kahnawake, a déclaré que le différend sur le gazoduc, qui mobilise des communautés autochtones un peu partout au pays, était le résultat de l’incapacité des gouvernements et des autres autorités à accepter que les terres appartiennent aux peuples qui continuent de suivre la voie de leurs ancêtres. 

Il a dit que la nation Wet’suwet’en souhaitait avant tout que ses terres ne soient pas compromises.

«J’espère que ça se terminera aujourd’hui, j’espère que ce sera le cas, mais je ne peux pas le prédire», a déclaré Tekarontake.

On lui a demandé ce qu’il faudrait pour que cela se produise. «Il faudrait que le Canada retrouve ses esprits», a-t-il dit.

Des manifestants mohawks sont présents sur les lieux depuis le début du blocage, samedi. Le premier ministre François Legault a déjà indiqué qu’il était en pourparlers avec le grand chef Joseph Norton de Kahnawake pour mettre fin pacifiquement au blocage ferroviaire sur ce territoire autochtone au sud de Montréal.

Tekarontake a reconnu les désagréments vécus par ceux qui utilisent la ligne de chemin de fer, tout en haussant les épaules. «De toute façon, tout les dérange, mais ils continuent à travailler, il y a encore des autobus, des voitures, a-t-il soutenu. Que faisaient-ils avant qu’il y ait un train?»

Le lien avec la terre

Un membre de la communauté de Kahnawake, qui n’a pas voulu que son vrai nom soit publié, a déclaré qu’il venait régulièrement avec du bois pour entretenir le feu.

«C’est un symbole — ils savent que nous sommes avec eux dans le nord de la Colombie-Britannique, a-t-il affirmé. Nous avons le même raisonnement: c’est un endroit où nous vivrons pour toujours, les gens à l’extérieur ne comprennent pas notre lien avec la terre. J’essaie de garder cela pour mes petits-fils et leurs petits-fils.»

Il a ajouté que personne dans la communauté ne souhaitait voir la situation dégénérer.

Dwayne Zacharie, gardien de la paix en chef de Kahnawake, a expliqué qu’il s’assurait que les membres de la communauté soient en sécurité.

Le chemin de fer est la propriété du Canadien Pacifique, qui a également interrompu la circulation des trains de marchandises sur les voies entre Montréal et Albany, dans l’État de New York.

Des responsables du transporteur Exo, qui gère les trains de banlieue sur la ligne Candiac touchée par le blocage à Kahnawake, ont déclaré qu’ils prenaient des décisions quotidiennes quant à la reprise du service.

Entretemps, Exo a loué des autocars pour fournir un service de navette aux quelque 3000 usagers quotidiens des trains entre Montréal et plusieurs villes de banlieue sud-ouest de Montréal.

Le porte-parole Louis-André Bertrand a indiqué qu’une éventuelle pénurie de chauffeurs et d’autocars dans la région de Montréal pourrait compliquer les choses et forcer Exo à recourir à des autobus scolaires pour transporter les passagers si l’interruption du service devait se poursuivre.

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