Les mots employés par Trump l’ont aussi été par des démocrates, disent ses avocats

WASHINGTON — Les avocats de Donald Trump ont fait leurs plaidoiries contre la destitution, vendredi, en accusant les démocrates de mener une campagne de «haine» contre l’ancien président et de manipuler les propos qu’il a tenus avant l’émeute au Capitole. Leur présentation comprenait un blizzard de commentaires de la part de démocrates soigneusement choisis et édités.

Les avocats de Donald Trump ont utilisé à peine trois heures, vendredi, pour présenter leurs arguments. Leur défense tronquée a fait usage d’une mince portion des 16 heures sur deux jours qui étaient prévues. De nombreux sénateurs semblent déjà décidés sur le sort à réserver à Donald Trump, accusé d’incitation à l’insurrection. 

Les sénateurs pourront poser des questions aux avocats à la reprise du procès.

Vendredi, les avocats de l’ancien président ont qualifié la procédure de destitution de «chasse aux sorcières» à motivation politique — une excroissance, ont-ils déclaré, d’années d’efforts pour le chasser de ses fonctions — et ils ont cherché à réduire l’affaire à l’utilisation par Donald Trump d’un seul mot, «fight» («se battre»), dans un discours avant l’émeute du 6 janvier. Ils ont diffusé des dizaines de clips montrant des démocrates, certains d’entre eux étant maintenant des sénateurs jurés, utilisant le même mot pour dynamiser les partisans dans des discours dénigrant Donald Trump.

«Vous n’avez rien fait de mal» en utilisant le mot, a déclaré l’avocat de Donald Trump David Schoen aux sénateurs. «Mais, s’il vous plaît, arrêtez l’hypocrisie.»

L’équipe de défense de l’ancien président a omis de dire que ce que Donald Trump faisait en disant à ses partisans de «se battre comme des diables» («fight like hell») était de saper une élection que les États et le Congrès avaient déclarée libre et juste, fondant ses exhortations sur de fausses attaques contre l’intégrité des systèmes de vote. Au lieu de cela, ont-ils affirmé, il disait simplement à ses partisans de faire pression sur le Congrès pour qu’il réforme le processus électoral — ce qu’il était en droit de faire.

L’affaire s’accélère vers une conclusion et un acquittement quasi-certain, peut-être dès samedi. Les arguments de la défense et le pivot rapide vers les propres mots des démocrates ont détourné de la question centrale du procès — si Donald Trump a incité à l’assaut contre le Capitole — et visaient plutôt à placer les responsables de la mise en accusation et les adversaires de l’ancien président sur la défensive.

Après un effort de deux jours des démocrates pour établir un lien entre les paroles de Donald Trump et la violence qui a suivi, y compris à travers des séquences vidéo explicites et troublantes, les avocats de la défense ont fait valoir que les démocrates se sont généralement engagés dans la même rhétorique surchauffée que Donald Trump.

Mais en essayant de dégager cette équivalence, la défense a minimisé les efforts pendant des mois de Donald Trump pour saper les résultats des élections et ses appels à ses partisans à faire de même. Les démocrates disent que cette longue campagne, enracinée dans un «grand mensonge», a jeté les fondations des émeutiers qui se sont rassemblés à l’extérieur du Capitole et ont fait irruption à l’intérieur. Cinq personnes sont mortes dans l’assaut.

Sans Donald Trump, qui dans un discours lors d’un rassemblement ayant précédé les violences, a dit à ses partisans de «se battre comme des diables», la violence n’aurait jamais eu lieu, disent les démocrates.

La défense a déclaré aux sénateurs que Donald Trump était en droit de contester les résultats des élections de 2020. Lorsque celui-ci a imploré les partisans de «se battre comme des diables» le 6 janvier, il parlait au sens figuré, ont affirmé les avocats.

«Il s’agit d’ordinaire d’un discours politique qui est pratiquement impossible à distinguer du langage utilisé par des personnes de tous les horizons politiques depuis des centaines d’années», a déclaré Michael van der Veen, l’un des avocats de Donald Trump. «D’innombrables politiciens ont parlé de se battre pour nos principes.»

L’équipe de défense n’a pas contesté l’horreur de la violence, minutieusement reconstituée par les responsables de la mise en accusation au début de la semaine, mais a déclaré qu’elle avait été menée par des personnes qui avaient «détourné» à leurs propres fins ce qui était censé être un événement pacifique.

L’objectif des procureurs était de présenter Donald Trump non pas comme un spectateur, mais plutôt comme un «incitateur en chef» qui répandait des mensonges sur les élections, puis encourageait les partisans à venir contester les résultats à Washington et attisait le mécontentement avec un discours sur le combat et la reprise du pays.

Les démocrates réclament également qu’il ne soit plus autorisé à occuper des fonctions fédérales.

Mais les avocats de Donald Trump disent que cet objectif ne fait que souligner la «haine» que les démocrates ressentent pour l’ancien président républicain. Tout au long du procès, ils ont fait entendre des clips de démocrates remettant en cause la légitimité de sa présidence et suggérant dès 2017 qu’il devait être destitué.

Par Eric Tucker, Lisa Mascaro et Mary Clare Jalonick – The Associated Press

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