Les négociations difficiles commencent à la COP15 de Montréal

MONTRÉAL — Des représentants de près de 200 pays commenceront le vrai travail, mercredi, lors d’une rencontre cruciale sur la biodiversité mondiale; des discussions qui s’annoncent difficiles sur la sauvegarde d’écosystèmes pour maintenir le fonctionnement de la planète.

Les observateurs se disent optimistes sur le fait que les 196 pays présents à la réunion de la COP15 à Montréal peuvent convenir que près du tiers des terres et des eaux de la Terre devraient bénéficier d’une forme de protection d’ici 2030.

Il y a un énorme soutien pour cette proposition, souligne Stephen Woodley, de l’International Union for Conservation of Nature, un organisme regroupant plusieurs organisations gouvernementales et de la société civile qui conseille des délégués. 

Il croit qu’il y a un soutien important pour le seuil de 30 % de protection d’espace de qualité. L’objectif de 30 % est le résultat d’années d’études scientifiques et de consensus.

Si rien n’est fait pour la conversion des terres, le braconnage des animaux et d’autres menaces du genre, des points de non-retour seront atteints pour plusieurs écosystèmes et espèces, a conclu une étude publiée en 2019 par la revue «Science».

Aerin Jacob, de Conservation de la nature Canada, a dit que l’objectif de 30 % est le résultat de 50 années de recherche.

«Les scientifiques ont étudié cela pendant des années et des années, et nous savons avec beaucoup de preuves que 30% est la limite inférieure», a-t-il indiqué.

Le même article de «Science» a déclaré que l’objectif réel devrait être de 50 %.

Beaucoup de travail à faire

L’élan vers cet objectif se construit depuis des années. Il a été approuvé par les pays industrialisés du G7 et est appuyé par 112 pays d’Afrique, d’Asie, d’Europe et des Amériques, dont le Canada.

Pourtant, il reste encore beaucoup à faire. Le texte sur les objectifs de conservation débattu par les délégués contient plus d’incertitudes que de libellé convenu.

«Nous avons fait des progrès, a soutenu M. Woodley. C’est un grand défi.»

Une partie du texte contesté concerne les peuples autochtones.

«Il y a un groupe important qui veut s’assurer que la protection de 30 % de la Terre n’est pas négative pour les peuples autochtones ou les terres appartenant à la communauté, a ajouté M. Woodley. Cela a certainement été le cas dans le passé, dans certains cas.»

D’autres veulent s’assurer que les zones conservées contribuent réellement à la sauvegarde des espèces, à la promotion du fonctionnement des écosystèmes, à la protection contre les inondations ou les incendies de forêt ou au stockage du carbone.

«Ce sont tous des jugements de valeur, a expliqué M. Jacob. Je dirais que nous devons nous protéger contre toutes ces choses. Nous ne pouvons pas choisir.»

Parmi les autres questions à régler, il y a l’enjeu de savoir ce qui constitue une protection. Cela n’a pas besoin d’être un parc. Il pourrait s’agir de ce que l’on appelle «d’autres mesures de conservation efficaces par zone», connues dans le jargon de la COP sous le nom d’OECM.

Le bassin versant de Vancouver, géré pour assurer la qualité de l’eau, est une OECM. Il en va de même pour la base des Forces canadiennes Shiloh, riche en faune et flore du Manitoba.

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