Les négociations pour acquérir un vaccin demandent de la souplesse, dit Anand

OTTAWA — La ministre fédérale de l’Approvisionnement Anita Anand promet de tenir les Canadiens au courant de la date d’arrivée de la première dose du vaccin contre la COVID-19.

Mme Anand a toutefois dit à La Presse Canadienne que les premiers contrats d’approvisionnement des vaccins étaient vagues sur les dates de livraison, car personne ne savait alors si ceux-ci étaient pour être efficaces.

Ce n’est qu’à la suite des annonces concernant l’efficacité des vaccins de trois entreprises — Pfizer, Moderna et AstraZeneca — que le ministère a commencé à leur demander d’être plus précises sur le moment où elles commenceront à honorer leurs contrats avec le Canada.

«Nous avons signé ces contrats afin de placer les Canadiens dans la meilleure position possible tout en reconnaissant que nous aurions besoin de négocier des conditions supplémentaires comme des dates de livraison précises, une fois qu’un vaccin a été découvert, et l’approbation réglementaire obtenue. C’est ce qui se passe maintenant.»

Si les Canadiens rêve à ce que la prochaine année ne sera pas la suite angoissante de 2020, c’est dans la perspective de l’arrivée d’un vaccin.

Mais quand celui-ci sera-t-il disponible au Canada? Le gouvernement fédéral n’a pas encore répondu à cette question.

Mme Anand dit qu’elle aimerait bien l’annoncer aux Canadiens, mais cela est tributaire de la décision de Santé Canada d’approuver ces vaccins. De plus, le Canada doit être prêt à recevoir et à distribuer en toute sécurité les précieuses doses, dont certaines doivent être entreposées à des températures inférieures à – 70 degrés C.

Ces pièces du puzzle commencent à être rassemblées.

Les responsables de Santé Canada sont en voie d’approuver d’ici quelques jours, voire quelques heures, le vaccin COVID-19 de Pfizer et BioNTech.

Les Canadiens ont obtenu de plus amples renseignements sur la logistique grâce à une séance d’information des fonctionnaires fédéraux cette semaine. Pfizer expédiera son vaccin directement à 14 lieux de réception identifiés dans les provinces. FedEx et Innomar Strategies ont été engagés vendredi pour superviser la livraison d’autres vaccins d’un centre de réception national vers les provinces.

Le Comité consultatif national de l’immunisation a publié vendredi des directives au sujet des personnes qui devraient recevoir le vaccin en premier, comme les résidents et les travailleurs des établissements de soins de longue durée et celles âgées de plus de 80 ans.

Le matériel comme les seringues, les compresses de gaze et les bandages nécessaires pour vacciner des millions de personnes est en place. Des congélateurs à très basse température ont été achetés et neuf nouveaux sont déjà arrivés. Les gouvernements provinciaux forment leurs propres groupes de travail.

«Nous allons avoir des vaccins dans ce pays, aussi rapidement que possible», assure Mme Anand.

Un faux problème

Le chef conservateur Erin O’Toole a reproché au gouvernement fédéral de n’avoir commencé à acheter des vaccins qu’à la suite de l’échec d’une collaboration avec la Chine sur la mise au point d’un vaccin.

Le partenariat entre le Conseil national de recherches et la société chinoise CanSino Biologics avait été annoncé en mai en grande pompe. Mais les doses à utiliser pour un essai clinique canadien ne sont jamais arrivées, lorsque la Chine a refusé de leur délivrer un permis d’exportation.

«Je n’aurais pas mis tous nos œufs dans le panier de la Chine», a déclaré M. O’Toole, le 29 novembre. Selon lui, la chronologie montre que ce n’est que lorsque cet accord s’est effondré que le Canada a commencé à discuter sérieusement avec d’autres entreprises comme Pfizer ou Moderna.

Mme Anand a dit que ce n’était pas le cas.

Elle a rappelé que l’entente avec CanSino relevait du ministre de l’Innovation Navdeep Bains, et non d’elle. Rien ne l’empêchait de négocier avec d’autres entreprises.

Son ministère a commencé à négocier des accords avec d’autres fabricants de vaccins, des semaines plus tôt. Une équipe de responsables des achats a été affectée au dossier dès le mois de mars, en même temps que l’on tentait d’obtenir des fournitures médicales, des équipements de protection individuelle et de tests rapides.

En juin, le groupe de travail sur le vaccin contre la COVID-19 a fourni une liste de vaccins que le Canada devrait chercher à acquérir. Mme Anand dit que les négociations avec ces fabricants ont commencé au début de juillet. Un premier accord avec la société de biotechnologie du Massachusetts Moderna a été conclu le 24 juillet.

Le Canada a été le premier pays à s’entendre avec Moderna. Il a ensuite signé un autre contrat avec Pfizer et BioNTech, le 1er août. C’était le quatrième pays à le faire, après le Royaume-Uni, les États-Unis et le Japon.

Ce n’est qu’à la fin du mois d’août que le Canada a renoncé à son accord avec CanSino. À ce moment-là, le gouvernement avait conclu des ententes avec quatre autres sociétés: Moderna, Pfizer/BioNTech, Johnson & Johnson et NovaVax. Depuis, il s’est aussi entendu avec Sanofi/GlaxoSmithKline, AstraZeneca et Medicago.

Mme Anand dit que le Canada avait abordé chaque négociation avec un seul objectif: obtenir 20 millions de doses garanties et des options pour en acheter davantage plus tard. En tout, le Canada a versé plus d’un milliard de dollars aux sept fabricants de vaccins pour 194 millions de doses, même si certains ne dépasseront jamais le stade expérimental.

Ce sont 220 millions de doses supplémentaires qui sont disponibles si le Canada en fait la demande. Le Canada prendra une décision lorsqu’il aura déterminé les vaccins les plus efficaces. La ministre a annoncé vendredi que 20 millions de doses supplémentaires viendraient au Canada en 2021 en provenance de Moderna, pour un total de 40 millions.

Laisser un commentaire