Les négociations se poursuivent pour le retour des députés aux Communes lundi

OTTAWA — Un deuxième bras de fer se poursuit pour tenter d’en arriver à un accord pour la reprise des travaux parlementaires à Ottawa.

Mais cette fois-ci, il est peu probable que le gouvernement Trudeau arrive à trouver un terrain d’entente avec tous les partis d’opposition d’ici lundi, date à laquelle l’entente négociée le 20 avril vient à échéance. Il a encore quelques jours pour s’entendre avec au moins l’un d’entre eux.

Lors d’une conférence de presse, vendredi, le chef conservateur Andrew Scheer a détaillé l’offre de son parti, tout en se disant ouvert à des compromis. Les conservateurs martèlent depuis des semaines qu’ils souhaitent le retour des travaux parlementaires réguliers en personne.

Ils proposent maintenant d’accueillir 50 députés à la Chambre des communes qui refléteraient la représentation de tous les partis. Il s’agit, selon leurs calculs, du nombre maximal d’élus qui peuvent siéger tout en respectant les règles de distanciation physique.

Ces 50 députés siégeraient idéalement cinq jours par semaine. «Nous sommes ouverts aux autres propositions, si un autre parti ou deux autres partis veulent quatre jours au lieu de cinq, nous sommes ouverts à discuter», a ajouté M. Scheer.

L’entente entre les partis prévoyait jusqu’ici 32 députés en personne à la fois aux Communes. Or, libéraux et conservateurs ont été plus nombreux que les proportions prévues, a déploré le chef bloquiste Yves-François Blanchet plus tôt cette semaine.

Vendredi, le premier ministre Justin Trudeau a évoqué le recours à une formule hybride, comme au Parlement britannique, où certains élus se présenteraient en personne tandis que d’autres s’y joindraient via écrans.

Les conservateurs et néo-démocrates avaient démontré de l’ouverture face à cette idée; les bloquistes n’y étaient pas fermés, mais estimaient qu’une solution plus simple serait préférable à court terme.

«La plupart des discussions se concentrent sur la technologie et les décisions prises par rapport à la logistique de ce retour du Parlement», a offert M. Trudeau, lors d’une conférence de presse devant sa résidence.

Le premier ministre a semblé mettre dans une catégorie à part les demandes du Bloc québécois, qui a émis des conditions si le gouvernement veut s’assurer de sa collaboration dans ces négociations.

Les bloquistes demandent entre autres qu’Ottawa modifie les prestations canadiennes d’urgence pour éviter que les travailleurs qui gagnent plus de 1000 $ par mois soient pénalisés et qu’il aide davantage les petites entreprises pour payer leurs frais fixes, sans offrir davantage de crédit.

«Évidemment, on continue d’avoir des partis qui ont des suggestions et des recommandations pour améliorer les programmes pour les Canadiens. (…) Mais nous, on préfère séparer un petit peu les discussions sur le retour du Parlement et les discussions sur la modification des politiques précises», a déclaré M. Trudeau.

Les élus ont suspendu les travaux normaux le 13 mars dernier et ont depuis négocié une entente temporaire adaptée en temps de crise.

Tout au long du mois de mai, ils ont eu, chaque semaine, deux réunions virtuelles, ouvertes aux 338 députés à travers le pays, et une réunion en personne pour un petit groupe de députés et de ministres.

Les comités parlementaires poursuivent également leurs travaux, tous liés à la réponse à la pandémie de la COVID-19, de manière virtuelle.

Cette entente prend fin le 25 mai. Un nombre restreint de députés siégera alors aux Communes pour décider de la suite des choses. En l’absence d’une nouvelle entente, les travaux reprendront leur cours normal cinq jours par semaine.

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