Les négociations sont «très difficiles» dans l’hôtellerie, dit la CSN

MONTRÉAL – Les négociations en vue du renouvellement des conventions collectives ont maintenant débuté dans une vingtaine d’hôtels au Québec et elles sont «très difficiles», au dire de la Fédération du commerce de la CSN, qui représente ces syndiqués.

Si les syndicats fondent leurs revendications sur le fait que la saison touristique a été particulièrement bonne, l’Association des hôtels du Grand Montréal, de son côté, a souligné en entrevue lundi que cela pourrait bien n’être que conjoncturel et qu’il faut demeurer prudent.

Comme elle le fait depuis plusieurs années, la CSN fait une négociation coordonnée pour présenter les mêmes revendications dans plusieurs hôtels dont la convention collective arrive à échéance en 2016. Cette année, la négociation coordonnée touche 25 hôtels à Montréal, Québec, Sherbrooke, Magog, Laval, Pointe-Claire et Dorval.

Les syndicats ont présenté leurs revendications, qui portent sur l’indemnité pour les vacances, les compensations à verser en cas de perte d’emploi pour fermeture de département ou changement technologique, ainsi que des augmentations de salaire de 4 pour cent, 4, puis 4 et finalement 5 pour cent pour la quatrième année du contrat de travail.

La négociation «est commencée presque partout, pour 90 pour cent des syndicats», a précisé Michel Valiquette, trésorier de la Fédération du commerce de la CSN et porte-parole pour la négociation dans l’hôtellerie, au cours d’une entrevue lundi.

Il fait valoir que les syndiqués doivent pouvoir profiter de l’excellente saison touristique et du taux d’occupation soutenu dans les hôtels.

Pourtant, la négociation ne semble pas refléter cette embellie, selon lui. «Il faut avouer que c’est très, très, très difficile», a-t-il commenté.

C’est pourquoi les syndiqués ont déjà recours à des moyens de pression, comme le port de macarons, de foulards et de t-shirts. «C’est léger. On ne veut pas s’attaquer à la clientèle, on ne veut pas réduire le service à ce moment-ci. Ce sont plutôt des moyens de visibilité», a justifié M. Valiquette.

Il n’est pas encore question de recourir à la grève, mais «rien n’est exclu pour la suite des choses», a-t-il ajouté. En fait, il n’y a même pas eu de vote de grève.

Prudence, disent les hôteliers

Du côté des hôteliers, on fait valoir que le portrait économique de l’industrie n’est pas si rose que le prétend la CSN.

«C’est important de remettre les choses en perspective. La situation économique actuelle à Montréal, du point de vue touristique, est attribuable à un certain nombre de facteurs qui sont conjoncturels: l’appréciation du dollar américain favorise effectivement le tourisme, mais on sait que c’est une variable qui est excessivement volatile et que les choses peuvent changer rapidement», a commenté au cours d’une entrevue Eve Paré, présidente-directrice générale de l’Association des hôtels du Grand Montréal.

Mme Paré ajoute un autre facteur pour nuancer le portrait. La fermeture temporaire de l’hôtel Reine Elizabeth pour fins de rénovations, avec ses 1000 chambres, «vient artificiellement resserrer l’offre à Montréal» et accroît donc le taux d’occupation des autres hôtels.

Cela fait qu’«on voit des données qui sont peut-être plus favorables que par les années passées, mais dès la réouverture du Reine Élizabeth, on devrait voir les choses revenir à la normale», a argué Mme Paré.