Les négos reprennent bientôt chez les professionnels après près d’un an de grève

MONTRÉAL — Alors que la grève des professionnels du gouvernement aura bientôt duré un an, les négociations avec Québec reprendront la semaine prochaine.

Les membres du Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec font une grève «de soir et de fin de semaine» depuis février de l’an dernier.

Le SPGQ est le seul grand syndicat de la fonction publique à n’avoir toujours pas renouvelé sa convention collective. Celle-ci est échue depuis bientôt trois ans, soit depuis le 31 mars 2015.

Au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne, mardi, le président du SPGQ, Richard Perron, a soutenu qu’il n’avait «pas le choix» de rester optimiste en prévision de ces prochaines rencontres de négociation, les 17, 18 et 19 janvier.

«On considère les chances très bonnes. Le gouvernement est en année préélectorale», a-t-il dit.

Les principaux points en litige sont les salaires, de même que la création proposée par Québec de deux comités, l’un sur le remboursement par l’employeur des cotisations professionnelles et l’autre sur l’écart de rémunération entre les professionnels à l’emploi du gouvernement du Québec et ceux qui sont à l’emploi d’autres administrations.

Le SPGQ représente 24 400 membres, dont 17 000 dans la fonction publique québécoise.

Ses membres sont des analystes en procédés informatiques, des comptables, des inspecteurs de la CNESST, des ingénieurs forestiers, des analystes en scène de crime, des biologistes, des chimistes, des arpenteurs-géomètres.

Environ 20 pour cent des membres du SPGQ doivent payer une cotisation professionnelle, mais celle-ci n’est pas remboursée par Québec, dans leur cas. D’après M. Perron, elle l’est pour d’autres syndicats de professionnels. Il s’agit là d’un des points en litige.

Un autre point en litige porte sur l’écart de rémunération entre les professionnels à l’emploi du gouvernement du Québec et les professionnels qui sont à l’emploi du fédéral ou d’une municipalité, par exemple. M. Perron évoque un écart salarial moyen de 23 pour cent. Et l’écart est encore plus élevé face au secteur privé.

Depuis le début de sa négociation avec Québec, le SPGQ mise sur l’importance de donner de bonnes conditions de travail à ses membres, des professionnels, pour garder l’expertise au sein des ministères. Il cite souvent la Commission Charbonneau, qui avait fait des recommandations à cet effet, notamment pour le ministère des Transports et les ingénieurs.

«S’il ne valorise pas son expertise autrement que par des belles paroles, bien la saignée va continuer. Et la Commission Charbonneau, une de ses plus importantes recommandations va tomber à l’eau», argue M. Perron.

Le problème des écarts de rémunération se pose particulièrement en matière informatique. «On a un sérieux problème d’attraction et de rétention (du personnel). C’est la saignée, le gaspillage de centaines de millions de fonds publics, des fonds publics qui sont gaspillés dans les projets informatiques qui n’aboutissent pas. Et le gouvernement continue de prétendre qu’il n’y a pas de problèmes avec la rémunération», proteste M. Perron.

Ministre Arcand

Du côté gouvernemental, le ministre Pierre Arcand a affirmé à la mi-décembre avoir «proposé des ouvertures afin d’en arriver à une entente» avec le SPGQ.

Le président du Conseil du trésor avait alors reproché à M. Perron ses sorties dans les médias «contraires à un esprit de règlement».

«Je souhaite que vos représentants à la table de négociation disposent des mandats nécessaires afin de faire avancer les discussions», avait écrit le ministre Arcand.

 

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