Les normes sociales freinent l’atteinte de l’équité salariale, dit une note fédérale

OTTAWA — Une analyse gouvernementale interne conclut que la maternité et les attentes de la société qui en découlent constituent des facteurs majeurs de l’écart salarial entre les hommes et les femmes au Canada.

«Les attentes genrées et les normes sociales étant clairement des facteurs importants de l’écart de salaire entre les hommes et les femmes, il faudra d’importants changements sociétaux pour le combler», peut-on lire dans la note d’information préparée à l’attention de Paul Rochon, sous-ministre au ministère des Finances.

La note du ministère fédéral rédigée pour son plus haut fonctionnaire expose plusieurs raisons pour lesquelles les efforts visant à uniformiser les règles du jeu sur le revenu des hommes et des femmes au Canada sont en grande partie contrecarrés depuis les années 1990. Le document suggère que les futures mesures déployées, notamment en matière de politique publique, devraient se concentrer sur ces matières.

L’analyse démontre que, bien que les Canadiennes atteignent maintenant des niveaux de scolarité supérieurs à ceux des hommes et qu’elles poursuivent davantage de carrières bien rémunérées, le fait qu’elles aient des enfants — et qu’elles assument encore l’essentiel des responsabilités liées à leur bien-être — demeure un facteur qui nuit à leur niveau de revenu.

Il en va de même pour les normes sociales qui s’attendent des femmes qu’elles accordent la priorité à la vie de famille, ce qui, selon la note, peut également nuire à l’avancement ce leur carrière.

«En raison des normes sociales, les femmes assument une plus grande part des responsabilités domestiques et familiales, ce qui entre en conflit avec leurs responsabilités professionnelles», indique le mémo obtenu par La Presse canadienne grâce à la Loi sur l’accès à l’information.

La note d’information indique que les responsabilités associées à la maternité jouent un rôle particulièrement important dans l’écart salarial. Cet écart serait notamment réduit de moitié chez les femmes sans enfant.

La simple présomption que les femmes risquent de quitter le travail plus longtemps que les hommes pour assumer des responsabilités liées à la famille serait un facteur réduisant leurs chances d’embauche et entraînant leur salaire vers le bas, ajoute le rapport.

La note rappelle que la promotion de l’égalité des genres est l’une des principales priorités du gouvernement libéral.

Cela implique de soumettre le budget fédéral à une analyse comparative entre les genres, ce qui implique de réfléchir aux conséquences potentielles des différentes mesures sur les hommes et les femmes, ou les garçons et les filles, tout en tenant compte d’autres facteurs comme le revenu, l’origine ethnique, les handicaps et l’orientation sexuelle.

Pierre-Olivier Herbert, directeur des relations avec les médias du cabinet du ministre des Finances, Bill Morneau, énumère des actions posées par le gouvernement, dont la loi sur le régime proactif d’équité salariale et le partage des congés parentaux entre les parents, qui vise à encourager les couples à partager les responsabilités parentales.

«Les raisons derrière l’écart de revenu entre les genres sont profondément enracinées et complexes, a commenté M. Herbert mardi. Il y a encore du travail à faire pour combler cet écart et pour y arriver on aura besoin d’une approche globale, impliquant plusieurs outils et la contribution de toutes les composantes de la société», a-t-il ajouté.

Les plus populaires