Les opposants au registre québécois des armes à feu suggèrent l’abstention

MONTRÉAL — Les opposants au nouveau registre québécois des armes à feu invitent les détenteurs d’armes sans restriction à retarder le plus longtemps possible leur enregistrement.

Depuis plusieurs semaines, le collectif «Tous contre un registre québécois des armes à feu» rappelle à ses membres qu’ils ont un an pour s’enregistrer sans crainte de pénalité, soit jusqu’au 29 janvier 2019.

Le fait d’être propriétaire d’une arme à feu et de ne pas l’enregistrer est passible d’une amende de 500 $ à 5000 $, mais la réglementation prévoit une année de grâce pour les propriétaires actuels.

Le ministère de la Sécurité publique, qui gère le Service d’immatriculation des armes à feu du Québec (SIAF), a toutefois précisé à La Presse canadienne par voie de courriel que «pour une arme acquise après le 29 janvier 2018, l’immatriculation doit se faire dès sa prise de possession ou dès que l’arme est présente sur le territoire du Québec», sous peine d’amende telle que le prévoit la Loi.

Le collectif d’opposants compte d’une part sur une contestation juridique de la constitutionnalité du registre pilotée par l’Association canadienne pour les armes à feu (NFA, National Firearms Association, basée à Edmonton, en Alberta).

La Cour supérieure du Québec a rejeté une première constestation en octobre dernier, décision portée en appel par la NFA.

D’autre part, le collectif espère qu’un mouvement massif d’abstention rendra l’administration du registre impossible et son existence inutile.

Opposition idéologique

Le contrôleur des armes à feu de la Sûreté du Québec, Éric Benoît, estime qu’il s’agit d’une opposition idéologique: «L’enregistrement des armes à feu est gratuit; ce n’est assurément pas une question financière», a-t-il expliqué en entrevue avec La Presse canadienne.

Le Québec — comme le reste du Canada — dispose déjà d’un registre d’armes à autorisation restreinte et d’armes prohibées.

Le gouvernement provincial a décidé d’implanter un nouveau registre visant les armes sans restriction, soit les armes d’épaule utilisées pour la chasse, à la suite du démantèlement du registre canadien des armes à feu par le gouvernement conservateur de Stephen Harper.

Pour les policiers, il s’agit d’un outil essentiel, la criminalité ne faisant pas de distinction entre une arme à autorisation restreinte, prohibée ou sans restriction.

«À partir du moment où une arme à feu est utilisée pour la commission d’un crime — et on a vu dans le passé des carabines sans restriction être utilisées dans certains crimes — le fait qu’elle soit enregistrée ou non ne aucune différence», a indiqué Éric Benoît.

De plus, le policier fait valoir que le registre peut avoir un effet préventif: «Par exemple, si on intervient dans une maison où une personne est dépressive, a des propos suicidaires, ça va nous permettre de savoir que cette personne est en possession d’une arme à feu et ça va nous permettre d’obtenir une ordonnance pour la saisir et interdire à cette personne d’en avoir en sa possession.»

Le gouvernement Harper avait également tenté de détruire l’ensemble des données du registre, une démarche qui avait reçu l’aval de la Cour suprême malgré les objections du Québec, qui voulait conserver les données québécoises.

Celles-ci avaient toutefois été mises sous scellé par le tribunal à la suite d’une demande d’accès à l’information.

Le gouvernement du Québec pourra y avoir accès en vertu d’un projet de loi déposé à cet effet en juin dernier par le gouvernement libéral de Justin Trudeau. Cependant, ces données n’ont pas été mises à jour depuis 2012.

Le SIAF rapportait quelque 4000 enregistrements au nouveau registre en date de jeudi 1er février, en fin de journée.

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3 commentaires
Les commentaires sont fermés.

1- Les criminels n’enregistrent pas leurs armes et n’ont pas de PPA

2- Selon un ami policier retraité de la SQ, les policiers doivent toujours agir comme si une personne était armée.

3- Il est facile aux policiers de savoir si une personne possède un PPA auquel cas, il doit être considéré comme possédant des armes.

4- Le criminel (reconnu ou non) impliqué dans un cas de violence conjugale n’aura pas de PPA, mais il devra être considéré comme possiblement armé tout comme un honnête citoyen n’ayant pas de PPA, mais impliqué dans un cas de violence conjugale.

5- Dans le cas de la tuerie de la mosquée de Québec ou du collège de Dawson, les armes de poing utilisées étaient légalement détenues par leur propriétaire. Le fait que l’arme soit enregistrée n’a rien empêché. Le registre n’a eu aucun effet préventif dans ce cas.

6- Il est de notoriété publique que l’informatique gouvernementale du Québec est loin d’être efficace et, surtout, très coûteuse.

7- Selon la déclaration de Manon Massé en comité parlementaire, ça vaut la peine d’investir 30 millions quand ça ne serait que pour sauver une seule vie. Réflexion personnelle: ces 30 millions placés ailleurs pourraient en sauver beaucoup plus.

8- Si nous prenons en compte ce qui s’est passé avec le coût du registre fédéral, le gouvernement provincial investira plus que 30 millions.

9- Quelle sera la prochaine étape et à quel coût?

C’est la technique du grignotage, que ce soit 50 % ou 90 % de taux de succès d’enregistrement , le législateur s’en fout .

L’important c’est que le politique soit content, le judiciaire aussi car il pourra en rajouter une couche de plus en cas d’infractions relier aux armes à feu .

Les services de police vont réclamer plus de budget , les activistes sont contents,(poly-anti tout et autres ) .

Les taxes seront appliquer d’ici trois ans ou moins ou plus sur le principe des plaques d’automobiles , car on va trouver des prétextes comme un fonds d’indemnisation des victimes d’accidents relier aux armes à feu …,et une taxe annuelle se rajoutera par arme à feu.

Nous vivons dans une société névrosée par la peur qui éprouve une maladie chronique pour se faire dire quoi penser et quoi faire par l’état .

Les gardiens des diverses couches sont content car ,ils ont un salaire ,des avantages sociaux et un fonds de pension et surtout une raison d’être .

À part de faire les chevaliers du clavier par les opposants non complaisants , et où cacher des objets dans le fonds du troisième mur de la maison , dur de faire face la réalité et de voir si la NFA va gagner en cours de justice .

Les enjeux sont clairs , l’Ontario attends le jugement pour se lancer elle aussi dans cette aventure qui deviendra presque Canadienne.

Le peuple est content , du pain et des jeux.

Surtout que notre classe politique est très friande des désirs de sa clientèle pour obtenir et où garder le pouvoir, rien n’est trop bas ou trop répugnant pour cela .

Je dirais ce que je pense aux candidats de mon comté , Dieu merci , mon député a voter contre cette loi , les autres partis et surtout le parti libéral du Québec va perdre des plumes , les chasseurs et autres utilisateurs vont voter contre ce gouvernement et certainement pas pour le PQ ou QS.
De toute façon , le jour ou un politicien sera imputable , je dis responsable des dépassements de coûts est bien loin.

Car il y aura dépassements de coûts , il en est sur , car le parti au pouvoir ne veut surtout pas se faire mettre sur le nez les dépassements de coûts des projets informatique comme SAGIR ou Santé Québec , et autres….

Une loi se doit d être logique et non émotive, quel premier ministre canadien disait déjà que la province de Québec n’avait que des sentiments??

Pendant ce temps la , on manque d’infirmières et le réseau d’éducation manque de ressources, trouver l’erreur??

Les ressources sont rares , les choix courageux ne se font pas et on veut juste se faire du capital politique digne d’une république de bananes .

Du pain et des jeux

Très bien dit!

Nous sommes loin du temps que les politiciens sont imputables de quoi que ce soit. 30 millions pour sauver une vie alors qu’en santé ils te laisseront mourir d’un cancer pour pas payer 50 000$ de traitement.

30 millions qui pourrait être investit en santé mentale.

C’est certain qu’il risque d’y avoir un frais d’enregistrement a court terme, pourquoi pas 10$ par année? ou 200$? Ils vont vouloir étouffé les propriétaires avec des frais c’est certain.