Les organisateurs de l’assermentation doivent composer avec le virus

WASHINGTON — Les recommandations de santé publique d’éviter les grands rassemblements en raison de la pandémie entreront bientôt en collision frontale avec une des plus grandes fêtes aux États-Unis: l’assermentation d’un nouveau président.

Et même si plusieurs détails restent encore à peaufiner, le 20 janvier 2021 risque d’être plus modeste que les assermentations précédentes.

Un gigantesque défilé sur l’avenue Pennsylvanie? Peu probable.

Des bals sophistiqués? Oui, peut-être… en ligne.

Le repas traditionnel pendant lequel les législateurs offrent leurs meilleurs voeux au nouveau président? Possiblement sans nourriture cette année.

Et l’assermentation elle-même? La plateforme habituellement érigée est en voie de l’être, mais elle sera probablement moins achalandée.

«Je pense que ça ressemblera plus à la convention (démocrate) qu’à une assermentation habituelle, a dit le président élu Joe Biden la semaine dernière, en référence à l’événement virtuel qui a encadré sa nomination cet été. Mon objectif est d’abord et avant tout d’assurer la sécurité des Américains, tout en permettant aux gens de célébrer — de célébrer et de se voir en train de célébrer.»

L’assermentation de M. Biden ne sera pas virtuelle. Les invités devront toutefois se préparer à se distancier et à porter un masque. On pourrait aussi imposer un test de dépistage à tous ceux qui auront à s’approcher du président élu, a dit Paige Waltz, une porte-parole du comité qui organise l’événement.

La plateforme «VIP» peut accueillir 1600 personnes. Les invités des législateurs s’installent habituellement à proximité. Il risque toutefois d’y avoir moins de gens cette année.

«Je pense qu’il y aura quand même une cérémonie sur la plateforme, a dit M. Biden. Mais je ne sais pas exactement comment ça va se dérouler. L’objectif est d’assurer la sécurité des gens.»

L’approche prudente de M. Biden face au coronavirus pendant sa campagne permet un peu de deviner ce à quoi ressemblera son assermentation.

Il a prévenu vendredi qu’un grand défilé sur l’avenue Pennsylvanie est peu probable. Aucune décision n’a été prise concernant les bals. Des groupes ont décidé d’organiser des événements virtuels; c’est notamment le cas de Human Rights Campaign, qui défend les droits des homosexuels.

«Notre objectif est de démocratiser la fête de l’assermentation en organisant un événement virtuel qui rassemblera nos trois millions de membres et partisans (…) et fera exploser la bulle traditionnelle de Washington», a dit le porte-parole du groupe, Lucas Acosta.

On ne sait pas encore quelles vedettes participeront à l’assermentation, mais une source proche du comité organisateur a suggéré de jeter un coup d’oeil du côté des vedettes qui ont fait campagne pour M. Biden, notamment Lady Gaga, John Legend et Jon Bon Jovi.

Pour la première fois cette année, les législateurs ont été invités à enregistrer à l’intention du président élu et de la vice-présidente élue des messages vidéos qui seront diffusés sur des écrans géants avant l’assermentation.

Après la cérémonie, le président et le vice-président participent traditionnellement à un repas au National Statuary Hall. Il y a fort à parier qu’il n’y aura pas de repas cette année et qu’on se concentrera sur les bons voeux des parlementaires.

On se prépare aussi aux manifestations qui pourraient avoir lieu.

Quelques groupes ont demandé un permis de manifester au National Park Service. La coalition Answer, qui est composée d’organisations pacifistes et de droits civiques, prévoit manifester pour réclamer une «intervention urgente pour sauver l’environnement, mettre fin à la guerre et prioriser les fonds pour répondre aux besoins de la population». Let America Hear Us Roar For Trump a demandé un permis pour «appuyer notre président».

On ne sait pas encore si M. Trump assistera à l’assermentation. Il a récemment déclaré aux journalistes: «Je connais la réponse, mais je ne veux pas la dévoiler pour le moment».

Questionné à ce sujet, M. Biden a répondu qu’il est important pour les États-Unis de voir que les leaders de partis rivaux peuvent se serrer la main et aller de l’avant. «C’est sa décision, et ça ne change rien pour moi. Mais je pense que ça change quelque chose pour le pays», a-t-il dit au réseau CNN.

L’assermentation est habituellement source de retombées économiques pour la région de Washington, les visiteurs réservant leurs chambres pour plusieurs jours dans des hôtels aux prix gonflés. L’achalandage est moindre cette année.

«En raison de la pandémie, on se réjouit d’entendre que certains hôtels sont déjà pleins. Mais pour la plupart, ils ont encore de la place», a dit Elliott L. Ferguson, le président and PDG de Destination DC, l’organisation responsable du marketing du district.

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