Les organismes de bienfaisance fondent beaucoup d’espoir sur le budget fédéral lundi

OTTAWA — Les organismes de bienfaisance espèrent que les libéraux leur donneront un coup de main salutaire dans le budget de lundi, alors que ce secteur risque de ne pas bénéficier aussi rapidement que l’industrie de l’éventuelle reprise économique.

Les organismes de bienfaisance et les organismes sans but lucratif (OSBL) ont été durement frappés par la pandémie: les dons se sont taris alors que la demande pour leurs services, elle, augmentait. 

Imagine Canada, un organisme qui fait la promotion du rôle et de la contribution des OSBL à la société canadienne, estime que les organismes de bienfaisance ont perdu en moyenne un peu plus de 40 % de leurs revenus en raison de la pandémie. Selon le PDG de l’organisme, Bruce MacDonald, les organismes de bienfaisance et à but non lucratif espèrent maintenant que le gouvernement fédéral prolongera et élargira les prestations au loyer et aux salaires, qui doivent prendre fin en juin.

Il croit aussi qu’un soutien plus ciblé est nécessaire, notamment pour trouver des incitatifs aux dons de charité et de permettre aux subventions fédérales de couvrir les dépenses de fonctionnement des organismes.

Mais surtout, les soutiens ne doivent pas cesser lorsque l’économie rouvrira complètement, soutient M. MacDonald, car il faudra probablement beaucoup plus de temps pour que les revenus reviennent dans les coffres des organismes de bienfaisance que dans ceux du secteur privé.

Les Canadiens auraient accumulé environ 200 milliards $ pendant la pandémie, des économies qui sont prêtes à être dépensées une fois que tout le monde aura été vacciné. Mais lorsque les Canadiens seront prêts à retourner au restaurant ou à prendre l’avion pour voyager, ils n’auront probablement pas encore le réflexe instantané de donner de l’argent à leurs organismes préférés, estime M. MacDonald.

Des réserves épuisées 

Les événements-bénéfices, conférences ou galas habituellement utilisés pour amasser des fonds nécessitent des mois de planification, a-t-il aussi rappelé. «L’écart potentiel entre la fin de certains de ces grands programmes fédéraux (de prestations) et le redémarrage complet de l’économie pourrait en fait être le moment le plus sombre pour les organismes de bienfaisance dans ce pays», a-t-il déclaré.

«Plusieurs auront déjà épuisé leurs réserves (…) Il ne faut pas que des organismes s’effondrent avant le redémarrage réel de l’économie.»

Un peu plus des deux tiers des organismes de bienfaisance ont constaté une baisse des dons depuis le début de la pandémie. Les organismes qui dépendent du revenu familial disponible via la vente de biens ou de services — 42 % du financement de tout le secteur avant la pandémie — ont signalé des baisses de revenus de près des deux tiers. Dans l’ensemble, Imagine Canada évalue la perte cumulative des organismes de bienfaisance et sans but lucratif l’an dernier entre 9,5 et 15,7 milliards $. 

La subvention salariale fédérale a été l’un des programmes les plus utilisés, car elle a permis de maintenir en moyenne 55 % des postes rémunérés au sein des organismes de bienfaisance et à but non lucratif qui s’en sont prévalus. Le secteur est en pourparlers avec le gouvernement fédéral depuis des mois sur la façon dont le soutien pourra être étendu et remodelé afin d’aider davantage d’organismes de bienfaisance et à but non lucratif à se qualifier, un peu comme l’ont fait les petites entreprises avant le budget.

Le ministre du Développement social, Ahmed Hussen, a déclaré mercredi qu’il reconnaissait les défis auxquels les organismes de bienfaisance et à but non lucratif ont été confrontés depuis un an. Il a indiqué que des conversations ont récemment porté sur «la résilience à long terme du secteur».

Il a par ailleurs souligné l’apport des subventions aux salaires et aux loyers, et ajouté que son gouvernement «poursuivra cette approche».

Dans l’ensemble, on estime que le secteur contribue pour environ 8,5 % à la production économique du Canada et emploie 2,4 millions de personnes — dont quatre sur cinq sont des femmes.

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